
Il y a un je ne sais quoi de profondément sympathique dans ce film. J'insiste là-dessus, car sinon tout nous pousserait à le mettre de côté et l'ignorer, oublié sitôt vu... Car une fois que Frankenstein, La momie et King Kong sont passés par là, qui a une fois de plus besoin d'un film de monstre?
Les trois exemples ne sont pas pris au hasard: le film doit aux trois... De Frankenstein, il reprend l'idée d'un monstre presque humain, qui est destiné à vivre en marge, mais rencontre, fatalement, l'humain. De la Momie, il retient l'arrière-plan mystico-historique qui sert essentiellement d'alibi, et qui consiste en une quête scientifique d'un chaînon manquant, d'autant plus fructueuse qu'une créature venue des profondeurs aquatiques va répondre présente... De Kong, on reprend la fascination d'une créature apparentée à l'humain, et confrontée à une femme qu'elle va convoiter.
Une fois réunis tous ces éléments, on secoue, et... o obtient un petit film d'obédience fantastique, situé pour l'essentiel sur une rivière (l'Amazonie, nous dit-on), et qui sera l'objet d'une querelle entre scientifique qui va jusqu'au bout, et scientifique qui cherche à rester humain, et surtout, surtout, des scènes magiques tournées sous l'eau. Quant à la créature, on a beau nous dire qu'elle est parmi les grands monstres du cinéma, j'avoue ne pas souscrire du tout à l'analyse, et elle me fait surtout penser à l'anecdote de The bad and the beautiful: mettez un acteur dans une peau de monstre, vous aurez... un acteur dans une peau de monstre!
Ah, sinon, le film, qui a le bon goût d'être court (79 minutes), a fait partie de la fameuse vague 3D des années 50...