
Le film s'intéresse à une curiosité historique qui était plus ou moins revenue au devant de la scène en cette année 1937: le fait qu'en mourant (suite à une injection volontaire de strychnine, ce que le film ne dit pas), un quidam solitaire et laconique avait confié en 1903 être John Wilkes Booth. Depuis 1937, le cas a été élucidé, une simple tentative d'usurpation d'identité par un homme à demi-fou qui avait été fasciné par l'assassinat par l'acteur Booth du président Abraham Lincoln, et la cavale qui s'ensuivit...
Ce que fait le film, concrètement, c'est soulever l'hypothèse, en en faisant un mystère cinématographique, avec forte implication des personnages: un prêtre présent au moment de la mort de George, qui soudain s'arrête et s'interroge: et si... ? Le commentateur Carey Wilson nous apporte la pincée de magie supplémentaire en disant son texte d'une voix de stentor, et Tourneur ajoute de son côté les grands moyens: une reconstitution non pas du meurtre de Lincoln, mais bien des coulisses: la fuite de Booth, sa mort supposée dans une grange (D'où le titre)... Le film, du début à la fin, soulève avec maestria toutes les hypothèses possibles, et pour notre plus grand bonheur nous embobine avec un rien. C'est formidable!