Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 18:53

Tartarin, rentier, vit à Tarascon et se trouve être un peu la mascotte de la ville: dans la douceur locale, on accepte plutôt bien ce matamore, obsédé par la chasse aux fauves, sur laquelle il a lu, tout lu, et tout retenu, au point d'en faire des causeries à n'en plus finir. On accepte, jusqu'au jour où le soupçon qu'il se préparerait à partir pou de vrai commence à poindre. Tartarin, qui ne l'avait pas projeté, se retrouve obligé s'il ne veut pas entacher l'honneur de la commune, de partir chasser le lion en Afrique du Nord... Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est d'une part qu'il soit un imbécile, un beau, un gros. D'autre part, il n'avait pas prévu non plus que d'autres s'en soient aperçus bien avant lui, et ne cherchent à profiter de cette impressionnante naïveté. Pendant ce temps, tout Tarascon attend des nouvelles de son héros...

Côté pile, c'est un film pour changer, après des films muets flamboyants et totalement au-dessus de la mêlée (Le miracle des Loups - 1924, Le joueur d'échecs - 1926, Tarakanova - 1929), et trois films parlants dont deux sont particulièrement notés: Les croix de bois en 1932, et surtout l'impressionnant Les misérables de 1933, en trois parties. On passe donc de Dorgelès et Hugo, à la farce de Daudet... C'est vrai que ça change, mais si les dialogues, caution provençale oblige, sont de Marcel Pignol, le film est malgré tout soigné: on a du empêcher le dramaturge cinéphobe d'approcher le plateau, ouf! Tartarin, c'est Raimu, et ça lui va comme un gant. Il ne fait aucun concession à qui que ce soit et traverse le film à la hussarde, donc si vous n'aimez pas Raimu, vous détesterez Tartarin!

Raymond Bernard n'est sans doute pas allé vers ce film comme il avait fait ses Misérables, et c'est peut-être ce qui l'avait motivé, justement. Et il y trouve l'occasion de se placer dans un entre-deux intéressant: une comédie qui lui permet évidemment comme à Daudet de se moquer des sous-préfectures et de leur médiocrité (un thème plus que récurrent chez l'auteur du Sous-préfet aux champs), mais aussi de faire un portrait tendre d'un imbécile qui va bien finir par s'apercevoir qu'il n'est pas ce qu'il prétend. Tendre, oui: c'est qu'on l'aime bien, à Tarascon, ce bon Tartarin...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Raymond Bernard Comédie Raimu