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Marie (Simone Signoret) dite Casque d’or est une prostituée dont le souteneur fait partie d'une bande de voyous qui sont sous la direction de Leca (Claude Dauphin), un boutiquier influent. Quand le film commence, ces messieurs-dames se rendent à une guinguette dont des ouvriers viennent de réparer la structure: l'un d'entre eux, Manda (Serge Reggiani), aperçoit la jeune femme et c'est le coup de foudre récirpoque. Le temps des ennuis va commencer, surtout pour Manda, qui n'est apprenti que depuis peu: il a eu une jeunesse tumultueuse...
Casque d'or s’inscrit à la fois dans le cinéma de genre tel que Jacques Becker le pratiquait, et dans la tradition du cinéma Français de fouiller le temps passé, principalement le XIXe, mais pas seulement, tout en y déplaçant ses genres: ainsi la comédie de René Clair s’adapte-t-elle d’un voyage aux tous débuts du cinéma dans Le silence est d’or, ainsi Les Enfants du Paradis nous proposent-ils de remonter aux sources du mélodrame à travers une fresque des années 1835…
Le film se pose souvent comme une formidable plongée dans l’époque qu’il décrit, à travers la faune choisie par Becker, ce petit peuple de la pègre qui reste en permanence à l’écart des bourgeois, et qui vit selon ses propres codes: d’honneur, d’abord, ça va de soi. A ce titre, la lutte perdue d’avance de Manda et Marie contre Roland et Leca s’inscrit dans une lignée qui mènera ensuite les spectateurs à faire connaissance de Max (Jean Gabin), le vieux gangster de Touchez pas au grisbi, un vieux de la vieille en proie à une rivalité avec des gens plus jeunes et définitivement moins scrupuleux. C’est vrai qu’on verra un peu «les honnêtes gens» dans le film, mais soit ils sont des flics (l’inspecteur qui discute avec Leca), soit ils sont des bourgeois en goguette qui viennent s’encanailler, soit ils sont décidément étrangers à ce monde qui nous est montré. Et la vocation du film est sinon sociale, en fait souvent sociologique, le destin tenant place de déterminisme social pour Manda, le délinquant qui a cru pouvoir s’amender… Mais ce serait une erreur d’ignorer à quel point le film est, bien sûr, profondément romantique, dédié aux amours forcément contrariées de Serge Reggiani et Simone Signoret, du titi taciturne et de la prostituée au grand cœur. …et à la grande gueule aussi: on parle dans Casque d’or, mais on parle cru.
Et il y a ici un soin de la mise en scène, une sorte d’évidence qui laisse une fois de plus pantois: le ton est aussi juste que les décors, le cadre aussi rigoureux que les costumes. Et le tout sans jamais donner l’impression d’un spectacle par trop léché… Au fait, Becker et Jacques Companeez son scénariste se sont inspirés d'un personnage authentique, dont le titre du film était le surnom, pour créer le personnage de Simone Signoret. Celle-ci va suivre son amant dans sa descente aux enfers inéluctable, jusqu'à être témoin, à distance, de son raccourcissement lors d'un petit matin blême...
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