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1864: dans un poste reculé, le Major Dundee (Charlton Heston), officier valeureux mais indiscipliné, sert de garde-chiourme à un bataillon de sudistes prisonniers sous la direction de leur officier, Ben Tyreen (Richard Harris), placés justement au plus loin possible de leur région... Mais le Major va être obligé de les engager à ses côtés pour partir en expédition contre l'Apache Charriba, qui multiplie les raids. A la recherche des Indiens et de leurs captifs, des garçons qu'ils c=vont vouloir transformer en guerriers, les deux officiers de camps opposés, mais qui gardent un soupçon d'amitié de leur vie antérieure, vont s'affronter...
C'est un film dans lequel le caractère essentiellement mythologique du western sert à une dénonciation de la guerre, qui a l bon goût d'être d'une rare subtilité; les compagnons d'armes (et d'infortune, parce qu'il leur en arrive beaucoup, et non des moindres) ont une ultime épreuve du feu, qui va sérieusement ébranler certitudes, préjugés, et convictions. Et ce qui longtemps a été le fond de commerce du western est ici mis en sérieux déséquilibre en devenant tout à coup la part d'ombre de cette humanité: racisme, réflexe de défense, gâchettes chatouilleuses, concours de virilité, promiscuité sexuelle... Peckinpah semblait bien parti pour secouer le cocotier d'une façon bien brutale, lui qui se proclamait (à raison d'ailleurs, et il le prouve très souvent dans ce film) être l'héritier de John Ford...
Mais...
La Columbia a confié à Peckinpah, dont les deux premiers films ont été marqués par leur petit budget et leur efficacité, un gros budget, et... ce qui devait arriver est arrivé: le budget a poussé le metteur en scène à exagérer, à conduire ses troupes dans le désert, puis à se livrer sur place à de dangereuses excentricités; il est probable que c'est durant ce tournage que Peckipah est devenu héroïnomane, ce dont on sait que ça le conduira plus tard dans la tombe... Néanmoins, derrière l'histoire triste (Retrait du metteur en scène, final cut retiré, film détruit, etc), on devine les bribes d'un bien beau film, plus ou moins reconstitué aujourd'hui même s'il en manque toujours une vingtaine de minutes. Peckinpah se pose donc en disciple turbulent de John Ford, qui s'attache à nous montrer la vanité de la violence et de la guerre, avant son film-manifeste The Wild Bunch, dans lequel il inaugurera le fameux cocktail violence-ralenti-sang qui gicle... Du moins officiellement, car la version perdue de cette épopée possédait une recherche de représentation de la violence, graphique et au ralenti, en hommage appuyé à un autre des maîtres du réalisateur: Akira Kurosawa.
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