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Côté pile, une comédie franchouillarde: Jean Lefebvre et Henry Guybet, deux touristes qui ne se connaissaient pas avant, se retrouvent tous les deux dans une biture monumentale sur l'île Maurice et compissent joyeusement une idole locale... Ils sont désormais ensorcelés, et quand ils rentrent à Paris ça ne s'arrange pas, au contraire.
Affligeant, bien sûr, le film est l'occasion pour deux acteurs populaires de faire exactement ce pourquoi ils ont tapé dans l'oeil du public non exigeant des petits cinémas de quartier, et des séances estivales: ces moments de l'année où la qualité se relâchait un tantinet... Alors vacances sur l'île Maurice, semblant de scénario, numéros d'acteurs (Julien Guiomar sauve quelques scènes du néant) et moments copieusement embarrassants (fallait-il raiment montrer la jeune fille au pair sous sa douche?) abondent...
Côté face, c'est un film de Georges Lautner, mais ses assistants ont un pedigree: Norbert Carbonnaux, auteur de l'immortel nanar Le temps des oeufs durs; Max Pecas, qui a deux importantes filmographies: l'une, consacrée à la comédie nulle, l'autre au porno... On est donc bien loin des comédies de qualité, parfois légèrement transgressives, qui ont fait la réputation de Lautner. Qu'allait-il faire dans cette galère? Je ne sais pas, mais il est venu avec armes et bagages: le fidèle Philippe Castelli joue un petit rôle (nul) et maman Renée St-Cyr est là aussi, dans un de ses rôles les plus fournis pour son fiston. Elle est atroce, bien entendu.
Le film aussi, mais ça vous l'avez déjà compris: il y a trois carrières chez Jean Lefevbre: ses silhouettes de minables dans des films divers, dont sa prestation en soldat saoul dans Les Diaboliques de Clouzot est sans aucun doute la plus notable. Puis, des participations dignes à des comédies, dont il jouera encore des minables, mais avec du métier: bien sûr on pense à Paul Volfoni dans Les Tontons, ou l'immortel Michalon dans Ne nous fâchons pas. Enfin, la notoriété l'a autorisé à se croire casé pour l'éternité, et à ne plus faire le oindre effort, que ce soit sur une scène de théâtre, ou dans des comédies de basse extraction. Et ici, il est particulièrement mauvais...
Ce qui m'amène à poser une question qui restera sans réponse: tourné par un autre, par un de ces chevaliers du navet comme Philippe Clair, Max Pecas ou Jean Girault, le film aurait-il été pire?