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De tout, de rien... De rien surtout: ces petits ries qui font une vie: un passage chez l'épicier, la perspective d'une sortie à deux, un ticket de loterie qu'on achète comme ça sans trop y penser, et les perspectives d'avenir: un nouvel appartement? Une moto? Un enfant? ...Ca coute cher tout ça. Bref, la toute petite vie d'Antoine (Roger Pigaut) et Antoinette (Claire Maffei) se déroule dans sa petite poésie ouvrière, avec globalement comme seule menace véritablement sérieuse, d'une part les avances empressées et insistantes de l'épicier (Noël Roquevert), et son inévitable complément, la jalousie d'Antoine.
Mais non, ce qui va risquer de précipiter un drame, c'est ce fameux billet de loterie. D'une part il est perdu. Ce qui ne serait pas grave, mais d'autre part, il est gagnant...
Ca commence par un petit exposé de la petite vie rangée des petites gens qui composent la distribution: Antoine est ouvrir imprimeur, et Antoinette travaille au Prisunic. Il y a beaucoup de respect pour l'ouvrier, justement, dans la façon dont Becker les filme au travail, dans une semi-vérité troublante. Et le cinéaste se fait vraiment le chantre de la classe ouvrière au lendemain de la seconde guerre mondiale, tout en y distribuant des piques à d'autres... Roquevert, notamment, qui incarne un épicier qui pratique ouvertement la promotion canapé, et impose à Antoinette une pression qui ira loin, puisqu'on peut parler d'une tentative de viol: c'est un salaud de la pire espèce, celle des médiocres... Un sale type qui est typé, du reste, avec ses bandes molletières et son béret, le bonhomme a la panoplie du bon collabo...
Mais ce n'est pas le drame qui fait le prix de ce film, une fois n'est pas coutume. C'est dans le rien du tout de leur vie de tous les jours, leur gentil côté populo, qu'on aime ces personnages qui ne nous ressemblent peut-être pas, mais sont sans doute fortement semblables à nos grands-parents. Le cinéaste, directeur d'acteurs surdoué, nous donne à voir une vie de l'après-guerre, celle de gens simples, a qui pour l'instant la vie sourit. Ca fait du bien.
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