/image%2F0994617%2F20201231%2Fob_2b8fcc_la-hantise-s-469789658-large.jpg)
M. et Mme Trévoux (René Navarre et Renée Carl) vivent heureux, ils ont un garçon, et les affaires de Monsieur sont prometteuses. Mais Madame a une attirance pour la chiromancie qui va lui jouer des tours: une dame inquiétante lui révèle que sa main trahit un avenir sombre, elle va "perdre un être cher". Elle a, forcément, des appréhensions quand son mari quitte Paris pour Cherbourg, afin de prendre le bateau pour New York... Et ces appréhensions seront vite confirmées, car le bateau va rencontrer un iceberg...
Deux préoccupations pour Feuillade ici: d'une part intégrer à sa série de films "la vie telle qu'elle est" un scénario sur la chiromancie, vaste entreprise d'exploitation des nigauds très en vogue à l'époque... Mais d'autre part, le réalisateur est à l'écoute de l'actualité, comme le Danois August Blom (réalisateur du film Atlantis la même année): il a été lui aussi frappé par l'anecdote du Titanic, et il introduit cette réalité-là dans son film; ce qui aura pour effet de pilonner un peu plus le charlatanisme des chiromanciennes, d'ailleurs, ce qui était l'intention première.
Comme souvent dans cette série, c'est dans les intérieurs que Feuillade révèle l'étendue de son talent, et on se souviendra longtemps de cette scène captée dans la pénombre, où seule apparaît la silhouette de Renée Carl, éternelle mère inquiète qui veille sur son enfant, et éclairée seulement d'une petite lampe...
Notons pour finir que le film est réduit à 24 minutes, il manque le dernier acte, celui dans lequel on confond les escrocs de la chiromancie. Dommage...