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Alfred (Jean Bellanger) est parisien, timide et amoureux. Il a beau croiser tous les jours des couples qui lui montrent la marche à suivre, il n'a pas encore réussi à déclarer sa flamme à la jolie crémière (Catherine Erard); on doit donc s'émouvoir en haut lieu, puisque le fantôme de Don Juan est dépêché sur terre pour l'aider... Il va lui indiquer quelques recettes, prétextes à autant de sketches drolatiques et souvent digressifs...
Disons-le tout de suite: il y a de bonnes raisons qui ont poussé Yves Robert dont c'était le premier long métrage à renier ce film... C'est un mélange parfois malaisé de comédie à sketches et de comédie sentimentale, de cinéma boulevardier et de comédie burlesque, deux raisons généralement suffisantes pour que les critiques se bouchent le nez, et sinon l'interprétation n'y est pas toujours à la hauteur... Enfin, pour un film qui repose beaucoup sur l'image et l'humour visuel, ce que voulait Robert, il est épouvantablement bavard...
Mais voilà, il a les qualités de ses défauts et les défauts de ses qualités, et s'il n'est ni du Tati, ni du Etaix, voire du Robert Dhéry, ce film intrigant a au moins l'avantage de ne pas être non plus du Philippe Clair ou du Max Pécas! Et surtout il est assez unique en son genre... Notamment par la fantaisie permanente de la narration, le décalage parfois assez adroit entre le son et l'image (les sketches purement visuels font souvent intervenir un acteur qui raffolait du mime, auquel son visage très plastique se prêtait bien: Yves Robert soi-même, qui rappelons-le avait adapté au théâtre les Exercices de style de Queneau), la liberté e ton qui bien sûr tend à se vautrer dans la grivoiserie, mais avec toujours un soupçon de poésie... Mais si le film prend tout à coup de la hauteur lorsque pour incarner un mari jaloux et furieux, Louis de Funès devient le centre d'attention ("Oh, l'animal! L'animal!!"), force est de constater que l'équipe se plante avec des gags visuels qui sont drôles, oui, comme cette vision des "suiveurs" qui renvoie à Stan Laurel (une jeune femme dans la rue est suivie pas après pas par trois, puis quatre, puis cinq dragueurs), tout en annonçant le ton libertaire des Monty Python: car si c'est drôle vingt secondes, il convient de ne pas le développer sur cinq minutes répétitives et embarrassantes.
Enfin, le film possède un titre qui aujourd'hui serait probablement gênant, mais aussi un ton qui ne s'embarrasse pas de subtilité autour d'une plaie notable, celle de la drague. Car oui, ce qu'on dit ici, c'est que pour séduire de ravissantes idiotes, il convient d'insister. Elles ne veulent pas? Allez-y quand même!
Aïe aïe aïe... On aimerait croire que ce genre de comportement appartient aux musées.
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