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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 10:02

D'abord une époque: Becker raconte dans ce film la jeunesse de l'après-guerre à travers ces enjeux sentimentaux, ou professionnels, des choses qui vont changer ou déterminer la vie future. Et si le monde a recommencé à tourner après une période bizarre, il en reste des séquelles... La façon dont un personnage (Pierre Trabaud), par exemple, conduit une jeep amphibie probablement achetée dans un surplus de l'armée Américaine, ou le fait qu'il passe son temps à piquer de la viande dans la boucherie familiale pour pouvoir se payer des extras (à commencer par de l'essence pour son machin qui flotte et qui roule), trahit vraiment cette drôle d'époque de débrouille, mais celle-ci est comme captée au naturel: c'est une grande réussite. Et puis il y a la jeunesse massée dans les caves, dans une danse permanente: ces gens ont des choses à exorciser, à commencer par leurs parents...

Une chronique du tout et du petit rien: tiens, exactement comme Antoine et Antoinette... Sauf que ce n'est pas exactement le bonheur qui est en cause ici, c'est la vie. Le film commence donc, dans une exposition exemplaire, à travers la vie des uns et des autres, par montrer le quotidien en famille ou pas de tous ses protagonistes. Une façon de les situer, bien sûr, mais aussi de leur fixer des enjeux, et aussi de nous les faire aimer: 

Lucien (Daniel Gélin) est l'étudiant en ethnographie qui a réussi, malgré son père (un con de bourgeois), et qui souhaite monter une expédition au Congo pour aller tourner un film scientifique sur les pygmées; sa petite-amie Christine (Nicole Courcel) est partagée entre son amour pour lui, et une ambition mal venue: elle veut être actrice, mais n'a pas ou presque pas de talent. Dans son cours, ils le savent bien, mais elle sait qu'elle peut jouer une carte immorale pour percer dans le métier, et considère, effectivement, de coucher avec un metteur en scène; Maurice Ronet est Roger, un étudiant à l'IDHEC qui est diplômé en son; ce qui ferait de lui un collaborateur essentiel pour son copain Lucien. En attendant il vit sur sa trompette, puisqu'il joue du jazz dans une cave... Et il est en couple avec Thérèse (Brigitte Auber), qui est actrice au même cours que Christine. Et elle, du talent, elle en a: ce qu'ont repéré un metteur en scène et surtout un auteur dramatique: François, le frère de Christine, qui aimerait bien que Thérèse soit sa petite amie.

Voilà, les personnages et les enjeux sont posés, et le film se déroule avec comme éventualité le fait que Lucien réussisse à monter son expédition, mais aussi que Thérèse et Christine soient engagées sur une pièce: ce sera chose faite assez rapidement, et les enjeux sentimentaux vont faire que le film frôlera le drame... Un peu. Parce que Becker, qui a demandé du naturel à ses acteurs, et l'a magnifiquement obtenu, n'a pas non plus souhaité aller vers le baroque. Ce qu'il voulait c'était capter une époque, c'est superbement réussi, et la cerise sur le gâteau c'est qu'on y assiste à l'éclosion d'une vraie histoire d'amour, celle des Parisiens avec le jazz... On passera sur l'étrange affection de l'époque pour le jazz "à l'ancienne", avec des apparitions de Claude Luter; mais on verra aussi le grand Rex Stewart, à la trompette, et surtout un pianiste qui fait un peu plus que de la figuration: c'est Bernard Peiffer.

 

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Published by François Massarelli - dans Jacques Becker