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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 13:24

M. et Mme Laurent sont mariés, sans enfants. Monsieur (Louis Jourdan) travaille, il est pilote d'essai et pilote de course, et Madame (Anne Vernon) ne travaille pas. Ils ont un bel appartement, des amis, et... un jour, Madame apprend qu'il y a aussi une maîtresse. Sans trop prendre le temps d'y réfléchir, elle prend une décision: reprendre son indépendance. Elle va trouver un travail de mannequin auprès d'un grand couturier, et trouver une chambre de bonne rue de l'Estrapade... Elle va y faire la rencontre d'un jeune étudiant bohême, Robert (Daniel Gélin).

Oui, c'est une comédie, et pourtant c'est soumis à débat... Becker s'est plu, une fois de plus, à saisir le quotidien de gens qui semblent assez authentique, et qui donnent à voir des bribes d'une époque. Mais le prétexte initial, assez boulevardier, est l'occasion pour le metteur en scène d'opposer ses deux acteurs principaux. Anne Vernon, principal point de vue dans le film, joue avec retenue un rôle qui évite les outrages de la femme trahie. Françoise, son personnage, rend tout de suite le dessus, et les clichés du boulevard sont plutôt à chercher du côté de celle qui a cafté, sa copine Denise (Micheline Dax), qui vit un mariage probablement pas tout rose avec un obsédé de la chasse... Mais Henri, le mari, est joué avec excès, lui sans un gramme de subtilité par un Louis Jourdan qui fait tout ce qu'il peut pour être un sale type... Tout en adoptant une posture étrange, à la Cary Grant...

On croirait presque au faux pas, si ce personnage de matamore infect ne servait aussi bien un aspect du film: car ce qui va arriver rue de l'Estrapade sera probablement parfois embarrassant pour Françoise (recevoir avec insistance la visite parfois lourdingue d'un étudiant sans-gêne qui crie son amour, ça a parfois des aspects irritants), mais c'est aussi une étrange porte ouverte à la liberté... Et retourner à son mari (qui recommencera forcément, au vu de la dose de néandertalisme du personnage) me paraît surtout, dans ce film subtil et en demi-teintes, un vrai renoncement.

Et c'est bien son parcours à elle, qui nous est conté dans ce joli film, depuis le moment où, en achetant sur un coup de tête une robe qui la met particulièrement en valeur, elle passe tout à coup de l'autre côté de sa vie... Et le film finit de se situer en marge de la comédie traditionnelle en osant aussi nous montrer la vie d'un couturier, qui vit en couple avec un homme (tout le monde le sait, et Françoise le dit même "je ne risque rien, il n'aime pas les femmes" dit-elle), mais qui ne dédaigne pas, à l'occasion, de tenter sa chance avec ses mannequins. Becker était décidément en avance...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Jacques Becker