/image%2F0994617%2F20210303%2Fob_615c43_4008020-jpg-r-1920-1080-f-jpg-q-x-xxyx.jpg)
Cecilia Kass (Elisabeth Moss) quitte son petit ami Adrian Griffin, un brillant chercheur spécialiste de l'optique... Et ça n'a pas l'air facile: il lui faut partir en pleine nuit, après l'avoir drogué... Elle se réfugie chez un ami de sa soeur, un policier qui vit seul avec sa fille adolescente. Pendant qu'elle y séjourne, elle apprend le décès d'Adrian: elle va même hériter vi un fonds spectaculaire créé pour elle. Mais après une courte période de soulagement, elle commence à recevoir la visite de quelque chose, ou quelqu'un d'invisible...
Pour une fois, on va laisser de côté ce qu'Hitchcock a dit sur les films de genre, et l'importance d'y créer des méchants formidables, car ici, justement, le point de vue de ce film penche tellement du côté de l'héroïne, qu'on finit par ne plus voir du tout le méchant de l'intrigue. Le film, d'ailleurs, est à son meilleur quand il disparaît complètement, car il n'est qu'une vague menace. ...Pas si vague que ça, le titre reste bien sûr The invisible man, et sans jeu de mots c'est assez clair.
Notons que pour cadrer avec un siècle ou tout doit être expliqué (même si les gens dans leur vaste majorité sont prêts à croire à tout du moment que ce soit aberrant et rejettent tout ce qui est scientifique), on a cru bon de tenter de proposer une vision optique de l'homme invisible, et non chimique. Peu importe en l'occurrence, ce qui compte c'est qu'on croie qu'il y a quelqu'un quand on ne le voit pas, et la première heure du film réussit assez bien, en dosant aussi subtilement que possible ses effets, à assurer le coup! après... le soufflé retombe, on regarde la fin par politesse, même si on sait globalement où ça va!
Par contre, la grande surprise est qu'en faisant passer le point de vue intégralement sur l'héroïne, Whannel obtient de son film qu'il se consacre dans un sous-texte très pertinent, à l'histoire d'une femme battue, avilie, manipulée par un salopard toxique. Et tout y est, de l'extrême détresse psychologique de Cecilia (on connaît le talent jusqu'au-boutiste d'Elisabeth Moss) jusqu'à l'inévitable incrédulité de tout le monde en ce qui concerne ses allégations... Un tour de passe-passe, plutôt bien joué, avant que le film ne redevienne pour sa dernière partie un efficace thriller, sans plus.