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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 18:10

Boston, 2006, quatre personnages:

Sarah (Kate Winslet), sans emploi, est mariée, a une fille de trois ans. Elle souffre de la solitude, et sait que son mari n'est pas heureux dans son couple depuis qu'elle l'a surpris dans son bureau, à se donner du plaisir en regardant les photos d'une internaute coquine, le nez dans une petite culotte... Elle passe donc du temps au square en compagnie d'autres femmes de Boston qui passent leur temps à juger l'humanité entière et à fantasmer sur...

Brad (Patrick Wilson), marié à une réalisatrice de documentaires (Jennifer Connelly), père d'un garçon, est diplômé en droit mais n'a toujours pas validé l'examen du barreau. Il est le père au foyer et semble s'en contenter. Il s'ennuie d'autant que son couple est tout entier dédié à leur fils. Du coup, il passe beaucoup de temps avec son garçon, fantasme sur sa jeunesse perdue en regardant les jeunes faire du skate, et sympathise avec Sarah, qui le lui rend bien. Et un soir par semaine, il joue au football avec...

Larry (Noah Emmerich) est un ancien policier, mis à la retraite anticipée après une bavure. Un homme un vrai, qui a créé un club de football Américain pour les gens comme lui, et pour se défouler d'un mariage raté et d'une vie foutue. Car la bavure qu'il a commise est du genre qu'on n'oublie pas: alerté à tort qu'un gosse se promenait avec une arme, il l'a abattu. C'était un jouet... Larry refoule toute sa haine de lui-même sur...

Ronnie (Jackie Earle Haley) vit avec sa mère, depuis qu'il a retrouvé la liberté: il a purgé deux années de prison pour exhibitionnisme devant mineurs, et il est, bien sûr, sous haute surveillance. Tout le mode dans le quartier a un avis tranché sur lui, la plupart des gens disant à qui veut (ou ne veut pas) les entendre qu'il conviendrait de le castrer... Ronnie sait qu'il a fait quelque chose d'abominable, et doute de sa réinsertion; mais sa maman, la dernière personne à qui il peut parler, souhaite le voir refaire sa vie car elle sait que ses jours sont comptés. Elle défend donc vaillamment son fils et leur foyer contre l'agression permanente du voisinage, et en particulier du comité de vigilance parentale mené par Larry...

C'est un film dur, violemment ironique, sur l'état des lieux et des consciences dans l'Amérique propre sur elle et puritaine sous George W. Bush. Ce n'est pas un hasard si dans cette intrigue dont le motif principal reste un adultère (devinez) on nous montre la rencontre (saumâtre) d'une femme qui trompe son mari et d'une mère-la-pudeur sarcastique, dans une discussion autour de... Madame Bovary. Todd Field adapte un roman de Tom Perrota et il réussit en 2 heures et 15 minutes à rendre parfaitement la dimension romanesque, justement, des quatre arcs narratifs qu'il entrecroise. Il joue en virtuose de l'ironie, et nous laisse assez libres de choisir notre camp. Mais surtout il donne à voir une impitoyable radiographie de l'Amérique critiquant la paille dans l'oeil du voisin, sans voir la poutre qu'elle a dans le sien. 

Les acteurs (quel casting!) sont tous formidables, et le film est un tour de force narratif, prenant dès la première seconde. Une mention spéciale doit aller à Jackie Earle Haley pour sa création provocante d'un pédophile qui est tellement sûr de sa propre nature qu'il sait qu'il ne sera jamais, comme le voudrait sa mère, "a good boy". Une des scènes clés du film le voit provoquer une panique dans une piscine publique en se baignant au fond du bassin avec un masque, des palmes et un tuba... Une scène impressionnante, dérangeante, et magistrale.

 

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Published by François Massarelli - dans Todd Field