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Au début de l'ère Victorienne, la rencontre entre un jeune homme de bonne famille et une jeune femme de la classe ouvrière, dont le père est un repris de justice, est compliquée par les convenances...
C'est le quatrième et dernier film de Sandberg consacré à une adaptation de Dickens, des films qui lui tenaient à coeur et pour lesquels la Nordisk mettait à sa disposition des moyens considérables... Chacun de ces films étaien un événement en soi, propore à raviver l'insoluble espoir de retrouver un jour au Danemark la grandeur passée, celle d'avant la guerre...
Il y a de nombreuses touches qui nous rappellent qu'on est clairement chez Dickens: une vaste galerie de personnages, d'où émrgen fatalement des farfelus hauts en couleurs (le père Dorrit, qui est en prison depuis 20 ans pour dettes, est un cousin de Micawber, et le jeune John Chivery, qui passe son temps à ruminer ses échecs présents en les sublimant, grâce à son imagination qui lui fait imaginer de délirantes pierres tombales), et un brin d'absurde: cette prison où tout Londres semble se relayer, et où outre la privation de liberté, les pensionnaires ne sont pas forcément trop mal lotis... Et en plus, il y a un vieux secret de famille. Sanberg a convoqué son équipe: Karina Bell, Karen Caspersen, et Gunnar Tolnaes sont bien présents, mais pas Peter Malberg. Une fois n'est pas coutume...
Mais ce n'est pas Les grandes espérances, qui est une réussite sur bien des points: non, d'une part le roman choisi est l'une de ces oeuvres à la thématique floue, dans lesquelles le romancier réglait des comptes personnels (son père a été lui aussi incarcéré dans les mêmes conditions que l'héroïne), et faisait plus ou moins semblant d'inscrire des revendications sociales pas toujours en cohérence avec le reste de son oeuvre mélodramatique, mais en plus il souffre d'être inscrit dans une intrigue qui passe par beaucoup trop de texte, ce qui pour un film muet est rédhibitoire. Et du coup les principaux personnages subissent trop l'action au lieu d'en être les véritables protagonistes. Un comble alors que Sandberg, qui souffrait lui aussi (le cinéma Danois avait un complexe sérieux à ce niveau!) d'une boulimie d'intertitres au début des années 20, commençait depuis Les grandes espérances à se calmer!
Il est probable d'ailleurs que ce film a longtemps été gardé en réserve, afin d'être livré au bon moment, ce qui expliquerait le délai assez important avant sa sortie, deux années après le dernier film consacré à Dickens: Notre ami commun était sorti en 1921, et David Copperfield et Les grandes espérances, quant à eux, en 1922.
Alors évidemment, les décors sont très soignés, les costumes très impressionnants de véracité, et une bonne part de l'interprétation (Sandberg a son équipe et des acteurs dévoués qui sont à l'écoute de sa direction qu'on disait patiente) est totalement dans la lignée de ce qu'on attendrait, mais on peine à se passionner pour ce long et assez statique drame dans lequel Karina Bell n'a peut-être pas les épaules assez solides pour soutenir l'intérêt du spectateur... Le roman est touffu, oui, mais il est aussi confus, et le film lui emboîte le pas.
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