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Cassie Thomas (Carey Mulligan) est une jeune femme qui a pour habitude se rendre, sous des identités différentes, dans des cafés et boîtes de nuit, où elle joue la comédie de l'ivrognerie totale: le but? Eh bien, attraper dans son filet des hommes qui se donneront pour mission de profiter de son état, pour la ramener chez elle... Où elle leur révèle qu'elle est en pleine possession de ses moyens, et leur fait honte. Elle le fait depuis que sa meilleure amie, victime à l'université d'une soirée durant laquelle elle avait abusée par toute une troupe de garçons, s'est suicidée. Cassie a abandonné ses études de médecine, pris un travail de misère dans un coffee shop, et vit chez ses parents.
Ca aurait pu continuer ainsi pendant des années, s'il n'était arrivé deux choses: d'une part, elle rencontre Ryan (Bo Burnham), un jeune homme qu'elle avait croisé à l'université, et qui la poursuit de ses assiduités. D'autre part, Ryan lui révèle qu'il est toujours en contact avec Al Monroe, le principal violeur de son amie. Cassie se mue en ange exterminateur et décide de venger pour de bon la jeune femme...
Voilà un film totalement de notre époque, qui s'intéresse à la façon dont on voit désormais différemment des comportements qui ont toujours plus ou moins été tolérés, présentés comme d'innofensifs rites de passage par les hommes. Ces rites sont des traditions particulièrement implantées dans l'université Américaine, c'est sûr, ce qui ne vet pas dire qu'on ne les trouve pas ailleurs... Le film, à travers un personnage qui use de moyen extrêmes de militance, nous permet de questionner la morale de ses personnages en s'abstenant de les présenter simplement comme bons ou mauvais.
Le script est d'Emerald Fennell, dont c'est aussi la première réalisation... ce qui est impressionnant. Elle va tout faire pour mettre en valeur non seulement son personnage, mais aussi le caractère étrange de son obsession, en la cadrant de façon très spécifique à plusieurs reprises, la dotant avec des éléments de décors d'une auréole ou d'une paire d'ailes! Une ironie qui ne joue pourtant jamais contre Cassie. Les costumes prennent aussi une importance capitale dans ses changements de personnalité... Elle la suit dans une mise en scène permanente de sa mission de vengeance, qui joue en permanence des zones grises de la légalité et de la morale: intéressant de constater, comme le fait le film, que la plupart des faits de viol, d'abus de consentement, et autres exactions du même genre, sont en fait généralement passés sous silence par des autorités complices (et par des gens qui ont eux aussi un peu trop facilement laissé faire, comme le personnage incarné ici par Alison Brie). Tirant ses propres conclusions, Cassie se situe souvent dans les mêmes zones grises elle aussi. Le film est âpre, souvent étrangement réjouissant, et profondément nécessaire.
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