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14 août 2023 1 14 /08 /août /2023 17:23

Caroline de Bièvre (Martine Carol), née un 14 juillet, ne se doutait sans doute pas qu'en laissant ses parents organiser son anniversaire (en fait un coup pour tenter de faire venir un prétendant pour leur autre fille, la disgracieuse Louise) en cette année 1789, qu'on se souviendrait de ce jour... mais pour bien d'autres raisons. Pourtant, si Caroline s'en souviendra longtemps aussi, c'est sans doute parce qu'à l'insu de tous, elle aura participé à la sieste de Gaston de Sallanches (Jacques Dacqmine)! 

Alors que la révolution gronde, rugit, part d'un côté puis de l'autre, c'est avec la plus grande des candeurs et la plus admirable des déterminations, que Caroline tente à la fois de survivre, mais aussi, au travers des aléas politiques, mariages, alliances de circonstances, mensonges, arrangements et péripéties, de retrouver et garder pour elle son Gaston, quitte à jeter occasionnellement sa dignité avec l'eau du bain...

C'est amusant, comme ce film aujourd'hui bien anodin (on y voit occasionnellement la plastique de Martine Carol plus en détail, la belle affaire; on y parle aussi beaucoup de sexualité, le plus souvent à mots plus ou moins couverts), a pu scandaliser à son époque. L'église Catholique, qui s'est souvent mélée de critique cinématographique voire de censure... non, en fait jamais de critique cinématographique, toujours de censure, et pas toujours après avoir vu les oeuvres, s'est donc jetée sur ce film et ses deux suites (Un caprice de Caroline Chérie, et Le fils de Caroline Chérie, tous les deux de Jean Devaivre) et en a fait un cas d'école, le condamnant au bûcher. Ce n'est pas malin, ça l'a rendu incontournable!

Ca reste un aimable divertissement, fait avec soin, interprété avec goût, et sur le fil du rasoir entre du licencieux narquois et de l'aventure sans second degré... Martine carol y est excellente, d'autant que le personnage, une femme qui décide d'aller de l'avant en ne laissant jamais la vie la priver de l'amour et du plaisir, et en se foutant de la politique comme de l'an (17) 40, lui ressemble sans doute un peu. On a évidemment beau jeu aujourd'hui d'y déceler une sorte d'esprit anti-républicain, mais si vous voulez mon avis, si on doit chasser le sentiment anti-républicain forcené, qu'on commence par interdire le Puy du fou et on verra après: ici, tout le monde, les deux camps, en prennent sévèrement pour leur grade... Et au moins Caroline Chérie ne prétend en aucun cas être une leçon d'histoire pour véhiculer une propagande politique nauséabonde.

 

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Published by François Massarelli - dans Martine Carol