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17 août 2023 4 17 /08 /août /2023 08:35

Le 6 mai 2012, deuxième tour d'élection présidentielle à Paris; Laetitia, journaliste à Ia télévision, doit alors que ce n'était pas prévu se rendre tour à tour aux QG des deux candidats, pour recueillir l'ambiance lors de l'attente des résultats, puis après. C'est embêtant, parce que ce jour là, son ex-mari doit justement venir voir ses deux filles chez elles, et la décision du juge est claire: il ne peut le faire que si elle est présente... L'intruction donnée au baby-sitter est donc très claire: ne pas le laisser entrer. Mais Vincent, l'ex-mari en question, est très remonté...

Pas Nicolas, par contre, qui va à la fin de la journée admettre qu'il va laisser sa place à François... 

Le pari était gonflé: tourner directement sur les lieux même, au siège du Parti Socialiste (donc Rue de Solférino) et au siège de l'UMP, le parti de droite conservatrice d'en face, le jour d'un résultat important, mais tout en tournant de la fiction. Laetitia Dosch, qui interprète le rôle principal, est donc sur place et parle de l'atmosphère, de l'attente, de la fébrilité de uns ou de l'angoisse des autres, mais c'est du pipeau, même si rien ne la distingue forcément des autres journalistes qu'elle croise. Instant volé, on croisera même ce vieux cabotin de Jack lang; les vrais gens qui sont là, sont tous à vivre réellement leur journée de résultats, et les avis parfois exprimés, toujours exagérés, sont d'authentiques réactions...

Mais l'autre aspect du film, cettte querelle entre les deux ex-amants, qui se joue au téléphone et par baby-sitter interposé, semble aussi réelle, tournée caméra à l'épaule, et... cette vieille manie de ne capter le naturalisme que par l'invective, la violence verbale et physique, d'un cinéma français militant, remonte à la surface et rend souvent le film insupportable. Laetitia Dosch et Vincent Macaigne reprennent d'ailleurs des types qui rappellent un peu les personnages du très naturaliste Vilaine fille mauvais garçon, le court métrage qui a précédé ce film. Je ne dis pas que cette histoire qui voit d'un côté la france faire son deuil d'un hyperprésident sans savoir qu'elle va avoir du mal à accepter son successeur, et de l'autre un couple tenter de faire du sens avec leur situation en s'agressant en permanence, ne soit pas une bonne idée... La métaphore est intéressante, disons. Mais tous ces "putains", ces "tu fais chier", me lassent.

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Published by François Massarelli - dans Justine Triet