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Le jour de l'anniversaire de Gromit, Wallace réalise que les factures s'accumulent, et décide de louer la chambre d'amis. Le premier locataire qui vient est un mystérieux pingouin, qui s'impose de façon spectaculaire, au point que Gromit se sent exclu. Mais il voit bien que la bestiole a des idées louches derrière la tête...
Le titre (étonnant en soi) est lié au fait que le cadeau de Gromit, pour son anniversaire, est une paire de pantalons dotée d'une paire de jambes robotisées, qui est supposée permettre à Gromit de se promener tout seul... L'objet en lui-même est ridicule, mais il est aussi d'une richesse signifiante impressionnante, permettant à la fois de rappeler l'obsession de Wallace pour la technologie, la façon dont celle-ci prend toute la place dans le foyer, mais aussi son incommensurable étrangeté... et ça occasionnera évidemment un certain nombre de gags et une solide dose de séquences mémorables.
Il y a un avant et un après ce film, présenté en décembre 1993 sur la BBC2, lors d'une soirée qui dépassa toutes les espérances de la chaîne. Disons que ce sera le début de la Wallace-Gromit-Mania... Tout en étant un prolongement en tous points adéquats à A grand day out, il est d'une évidente supériorité, grâce à l'approche de Nick Park: du gag, oui, mais pas sans une solide dose de caractérisation. Et pour commencer, Wallace étant déjà largement défini par son langage ("Ooh, I do like a bit of gorgonzola"; "Do something, Gromit!", et l'immortel et généralement annonciateur de catastrophes "don't worry Gromit, everything is under control!"), généralement totalement déconnecté de la réalité, et par ses deux obsessions, à savoir le bricolage et le fromage, il restait à définir un peu plus Gromit, et c'est là ce que ce film commence par faire. Dès le départ, Gromit qui ne parle pas se définit par ses yeux, et cette merveilleuse et si expressive arcade sourcilière. La mobilité relative de Gromit et son absence de langage ne sont finalement pas du tout un problème, il est celui qui incarne le sens, l'intelligence et la raison dans le couple étrange et dysfonctionnel formé d'un maître et son chien, ou plutôt, au égard à leur efficacité respective, d'un chien et de son homme, comme j'ai coutume à le dire...
Cette caractérisation à la fois austère et virtuose monte encore d'un cran avec le personnage de Feathers McGraw, le pingouin maléfique. Il est encore moins mobile que Gromit, prend évidemment moins d'espace, et a encore moins d'éléments de communication liés à son visage, avec ses petits yeux noirs et vides... Mais il est instantanément diabolique, et c'est un tour de force de faire autant avec si peu! Les motivations du personnage ne seront jamais très claires, tant qu'on n'aura pas compris qu'il s'agit tout simplement d'un pingouin psychopathétique, et que son apparent déguisement (il arbore parfois une crète qui le transforme en poulet, probablement faite d'un gant en caoutchouc... ne me demandez pas pourquoi il a un gant en caoutchouc...) est en fait une manifestation de son moi intérieur. Bref, il est complètement dingo.
Mais il est aussi génial, et de là à le considérer comme un génie du mal il n'y a qu'un pas. Il parvient sans aucun problème à "séduire" Wallace, s'imposer (en prenant la chambre de Gromit, en remplaçant le papier peint et en laissant la radio allumée en permanence: quand je vous dit qu'il est maléfique), exclure Gromit de chez lui, et... comprendre son intérêt en un éclair rien qu'en voyant les "techno-trousers" de Wallace et ce qu'il va pouvoir en faire!
Le suspense est l'un des points les plus forts de Nick Park, cette façon qu'il a de privilégier l'histoire et l'intrigue de ses films en créant un besoin (un manque évident du film The Pirates, à mon sens) pour le spectateur, de voir ce qu'on lui a promis... Et le casse est une merveille de précision, d'animation et de montage, comme la poursuite finale qui en plus prend racine sur la rigueur de la structure du film, puisqu'elle se situe sur un train électrique qui a été établi dans le champ dès la première séquence... Mais pour obtenir du suspense, il faut aussi savoir établir un rapport de complicité entre spectateur et personnages, et ça c'est le rôle de Gromit...
Bref, 29 minutes qui vont tout changer... Le film est aujourd'hui encore considéré comme une référence absolue chez Aardman, et pour Nick Park lui-même. Et pour cause...
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