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Deux musiciens sans le sou font le tour de tous les orchestres au gré des modes: Fernand Gravey et Julien Carette se retrouvent donc sur des pupitres dans un orchestre tzigane, puis Cubain, puis de jazz... avant de se retrouver devant un écueil: la nouvelle vogue, ce sont les orchestre féminins. Or, ils ne sont pas, mais alors pas du tout, des femmes!
Donc... Quand un fier-à-bras croisé dans la rue signale que l'un d'entre eux est taillé comme une femme, il leur vient une idée que nous qui avons vu Some like it hot pouvions anticiper... les voici donc engagé(e)s par l'orchestre des Tulipes Hollandaises, et bien sûr, il ne seront pas indifférents au charme de certaines de leur collègues...
Les deux films, pourtant, celui de Wilder d'un côté et celui de Pottier de l'autre, sont fort différents. Le défi relevé par ce film représentant d'un cinéma français populaire mais soigné, et de varier de façon convaincante les chassé-croisés amoureux inhérents à la comédie de boulevard, et de sortir des schémas bourgeois en adoptant le point de vue d'artistes. Sans en être une le film est cousin de la comédie musicale et repose souvent sur les capacités de Fernand Gravey à pousser la chansonnette, sans que ce soit jamais excessif, et sans non plus y consacrer trop de temps. Mais le jeu sur les genres, en revanche est escamoté au profit d'une comédie de caractères, dans laquelle si Gravey est un peu le clown blanc, Carette compose un Auguste qui en fait des tonnes... et bien sûr trop.
Les seconds rôles sont généralement assez stéréotypés aussi, typiquement là encore; on appréciera quand même Pierre Larquey (avec accent méridional, lui qui était né en Gironde!) en patron irascible, on glissera sur les clichés autour du manager (Pierre Palau) et d'un accent que notre brave extrême droite qualifierait sans doute de cosmopolite, et on ajoutera quand même que la star féminine (Betty Stockfeld) est assez irritante... Enfin les numéros musicaux sont généralement parfaitement affligeants! Maintenant, si le film de Billy Wilder est un remake de celui-ci, ce qu'il est au moins partiellement, le fait est indéniable: ils ne peuvent concourir dans la même catégorie. celui-ci est une aimable curiosité, l'autre, en revanche...
En haut et en bas, de gauche à droite, Julien Carette et Fernand Gravey...
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