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Il y a toujours eu un malentendu sur le genre de The red shoes (1948), un film si souvent présenté comme un film musical, que c'est désormais inscrit de façon permanente dans l'histoire du cinéma, sans compter le fait qu'hélas les gens n'iront sans doute pas vérifier.. Mais si Powell a souvent en effet été attiré par la relation complexe et stimulante du cinéma avec la musique (en bon connaisseur du cinéma muet, d'ailleurs), il a fallu attendre 1952 et son extravagant Tales of Hoffmann (d'après Offenbach) pour qu'il saute enfin le pas. Ses deux premières tentatives étaient plus une incursion de la musique dans le continuum dramatique de deux mélodrames flamboyants: outre le film pré-cité, je pense bien sûr à Black Narcissus, de 1947.
Il y a eu plusieurs tentatives en effet, souvent tournées vers la musique classique et l'art lyrique: L'apprenti sorcier, d'après Paul Dukas, a été l'occasion pour lui de se lancer dans un court métrage dansé à l'esthétique très marquée, puis il y eut Oh Rosalinda (Die Fledermaus de Strauss), qui mélangeait opérette Viennoise et la comédie des années 50, dans un grand n'importe quoi assez assumé (et une première expérience en Scope), Lune de miel, un film presque tourné en exil en Espagne, et enfin ce film, adapté de l'opéra de Bartok, considéré comme injouable: en effet, il ne se passe rien en matière de scénographie... Ce n'est pas moi qui le dit mais la réputation de cet opéra court.
L'enjeu est pour Judit (Anna Raquel Satre), la quatrième femme de Barbe-Bleue (Norman Foster), de faire comprendre à son mari qu'elle ne pourra être complètement à lui que lorsqu'elle saura tout, ce qui est évidemment symbolisé par les clés qu'il lui donnera au fur et à mesure, cédant à chaque fois un peu plus de terrain... mais la dernière clé donnera accès à une pièce dans laquelle elle rencontrera les anciennes épouses, pas tout à fait mortes, et donc son destin.
Le film, produit à l'origine pour la télévision, dans des couleurs étonnantes, était l'occason pour Powell d'explorer la psyché de ses personnages et d'exposer le vrai terrain de jeu de ces deux amants, un lit où ils passent beaucoup de temps (en relativement tout bien tout honneur, mais le sous-texte est clair). C'est un exercice de style, disons, intéressant... Cela dit avec pudeur.
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