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Sur la côte vendéenne, François (Jean-Marc Bory) est vétérinaire, et il est marié à la fragile Catherine (Liselotte Pulver), qui s'ennuie beaucoup, ar le jeune homme déterminé à s'en sortir, travaille beaucoup au point de négliger son épouse... Amené à travailler aussi à Noirmoutier, il reçoit une demande d'un mystérieux individu, le Dr Vial (Jacques Dacqmine), qui souhaite qu'il soigne un guépard sur l'île. L'animal appartient à une non moins mystérieuse jeune femme revenue d'Afrique, Myriam Heller (Juliette Gréco). Celle-ci fascine François, que le Docteur Vial pousse à la séduire... Pendant ce temps les soucis se multiplient pour Catherine...
Avec cette adaptation d'un roman de Boileau et narcejac, comment pourrait-on ne pas attendre une machination délirante, après avoir vu Les Diaboliques et Vertigo? Et il y aura bien ici une intrigue qui tournera autour d'une manipulation, liée à des sentiments (sous le versant le plus noir possible), avec à la clé des soupçons d'empoisonnement, voire de sorcellerie, et surtout un suspense diffus, autour d'une caractéristique bien connue de Noirmoutier: à cette époque, on n'y accédait que par le passage d'une route qui était sous eau à marée haute... Un endroit où celui qui n'y prenait garde pouvait se faire piéger par la montée des eaux, contre laquelle une personne à pied ne pouvait absoluement pas lutter. Ce passage, le Gois, existe toujours, mais il a depuis longtemps été supplanté par un pont, bien plus pratique... Mais pour le suspense c'est un endroit remarquable! Maurice Tillieux, auteur d'une formidable bande dessinée au titre explicite (La voiture immergée, 1960) en avait gardé un souvenir frappant, même s'il avait relocalisé son intrigue dans le Morbihan...
Quoi qu'il en soit, le film repose bien sûr sur la montée d'un sentiment diffus, inéluctable: qui manipule qui? Et pourquoi? Que veut réellement Myriam, s'approprier le vétérinaire, ou ses desseins sont-ils plus tortueux? Et quelles sont les intentions de ce bon Doceur Vial, qui se tient à bonne distance, à Nantes où il met la dernière main à la pâte d'un documentaire sur la sorcellerie? Pourqui met-il dans la tête du jeune vétérinaire des idées de maléfices? Qui en veut, enfin, à la vie de la fragile Catherine, l'épouse délaissée?
On aura des réponses à tout ça, et on aura aussi en plus une poésie particulière, celle de la Vendée hors saison (ce pourrait être en automne ou à la fin de l'hiver): des endroits tous assez sinistres, on comprend pourquoi Myriam Heller se plaint du vent... Mais a Vendée sert un autre propos, présent d'ailleurs dans les confrontations entre le Dr Vial et le jeune vétérinaire. Le premier roule en voiture Américaine de sport, et se targue d'habiter à Nantes à l'Hôtel de la Duchesse Anne. C'est un homme du monde, il a vécu et bourlingué, et il a un sens évident de sa propre supériorité. Le deuxième roule en 2CV, habite une fermette à l'écart de Beauvoir-sur-Mer, et a du mal à joindre les deux bouts... L'opposition campagne-cité, un vieux ressort du mélodrame, servait souvent à déterminer une différence sociale criante, c'est particulièrement vrai ici. Bref... le Dr François, vétérinaire Vendéen, est objectivement un minable... Je vous laisse sur cette dernière considération, qui aura son importance, peut-être...
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