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Dans une petite ville du Texas, nous suivons la vie d'un certain nombre de personnes, toutes ayant un rapport bien défini avec le monde du numérique et des réseaux sociaux... Tim Mooney (Ansel Elgort) et son père (Dean Norris) se remettent avec difficulté du départ de mme Mooney, et Tim contre l'avis d eson équipe de football, décide d'arrêter le sport; Don (Adam Sandler) et Helen (Rosemarie deWitt) ont des difficultés de couple, et Don passe beaucoup de temps sur les sites pornos pour pallier; il n'est pas le seul: leur fils Chris (Travis Tope) en fait une telle consommation qu'il lui devient difficile de ne pas être blasé sexuellement alors qu'il n'est pas encore majeur! Patricia (Catherine Garner ) monitore tellement la vie numérique et sociale de sa fille Brandy (Kaitlin Dever) que celle-ci étouffe; Allison (Elena Kampouris) utilise internet pour gérer son anorexie, et développe une obsession pour un de ses camarades qui l'a trop longtemps ingorée; enfin Joan (Judy Greer) encourage sa fille Hannah (Olivia Crocicchia) à paraître sur internet, ignorant que celle-ci y a déjà installé un site pornographique sur lequel elle est très active...
La réalité brutale, glauque même d'une certaine Amérique ordinaire, voilà le grand sujet de l'oeuvre de Jason Reitman, qui ne s'éloigne pas toujours de la comédie. ici c'est pourtant le cas, et son choix d'un film choral pour dresser (il y a dix ans!) un portrait du monde à l'ère numérique est judicieux, permettant de nourrir les sous-intrigues à partir des autres ramifications. C'est évidemment un portrait d ela société d'une certaine vision d ela classe moyenne, vue par le prisme des relations qu'entretiennent entre eux les ados qui se rendent au même lycée.
S'il s'attache effectivement à montrer le point de vue des jeunes (avec un vrai talent, ils ne ressemblent qu très peu à des caricatures, et si c'est parfois un peu le cas, ce n'est pas plus invraisemblable que certains raccourcis de ses comédies, justement, comme Juno ou Thank you for smoking), le point de vue des parents est également très important, et montre assez bien comment une génération déboussolée soit se réfugie dans l'illusion du numérique (les deux parents qui cultivent des adultères en ligne parce qu'ils n'oseraient plus se toucher), soit se prend à son propre piège de vouloir se mêler de la vie de leur progéniture (la mère tellement avide de contrôler la vie de sa fille sur le web qu'elle va en provoquer une tentative de suicide collatérale...
Et la situation ne touche évidemment pas que le numérique, et ne s'arrête pas à la sexualité (omniprésente dans la plupart des intrigues): il y est aussi question de l'obsession des Américains (et particulièrement des Texans, nous dit la voix off, incidemment enregistrée par Emma Thompson) pour le football. Celui qui a décidé de quitter l'équipe subit un enfer quotidien sur son portable... le film, d'ailleurs, réussit une gageure: montrer sur grand écran un monde dont tous les acteurs semblent vouloir disparaitre dans le fil de leurs petites boîtes personnelles, en utilisant avec bonheur l'espace autour de ses personnages pour incruster juste ce qu'il faut de leur consommation numérique...
Mais aucun misérabilisme pourtant. Certes,comme toujours dans ces films qui nous montrent l'envers d'un certain décor, la vérité n'est pas rose, mais il y a de l'espoir, et la performance de tous les acteurs (au fait je n'ai pas mentionné l'apparition de J.K. Simmons, habitué des films de Reitman) est irréprochable...
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