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Aux Etats-Unis, la réussite d'un artiste est mesurée le plus souvent en données supposées objectives et surtout binaires: ça marche donc c'est bon. Ca ne marche pas... donc c'est mauvais. Le titre de ce documentaire est assez clair, et il contient une mention à peine voilée de la chanson la plus connue de l'interprète Harry Nilsson: Everybody's talking. Ce n'est pas une chanson de lui, et si son succès est indéniable, il y a une histoire compliquée autour d'elle: un titre enregistré, un single sorti dans l'indifférence, et tout à coup un placement opportun dans un flm qui va tout changer!
Il semble d'ailleurs que les succès occasionnels, voire accidentels, de Harry Nilsson, lui soient tous arrivés par erreur, car l'artiste lui-même a plutôt eu tendance à se saboter qu'à se mettre en avant...
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Né en 1941, sa vie a été marquée à tout jamais par l'absence du père, disparu pour fuir ses responsabilités. Un quartier des plus défavorisés de Brooklyn, une mère alcoolique qui s'est avéré un exemple (qu'il a allègrement suivi, développant une impressionnante dépendance, ainsi qu'une impressionnante consommation de tout ce qui pouvait lui amener un plaisir fugitif et artificiel), et très tôt une fascination pour l'acte de chanter... Le parcours d'Harry Nilsson aurait peut-être du le pousser à s'accomplir plus sagement, plus classiquement. Mais voilà: c'était un artiste atypique, unique et insaisissable.
C'est ce que montre ce documentaire, qui fonctionne d'une façon très classique: une chronologie parfois approximative, des intervenants connus et pertinents, dont les remarques nous permettent de cerner un peu le personnage et son histoire: la famille (un oncle d'un côté, les enfants et anciennes épouses), les collègues de travail (les producteurs Rick Jarrard et Richard Perry, des musiciens, compositeurs) et les amis (Yoko Ono, Eric Idle, Robin Williams). Tous montrent assez clairement que Harry Nilsson a été l'artisan principal de sa chute: mort à 52 ans, des suites d'un comportement auto-destructeur, celui dont la voix sublime et le tlent d'auteur-compositeur le destinaient au plus grand succès (au-dessus des genres) s'est d'emblée placé sur la touche, et a semble-t-il tout fait pour rater.
Arrosé d'extraits copieux de ses 15 albums, de ses rares interventions médiatiques (Harry ne faisait pas de concerts), ce documentaire réalisé à une époque durant laquelle le chanteur était totalement oublié, ne révolutionne pas l'art établi de la bographie audio-visuelle, mais il confirme trois choses:
on est forcément passé à côté d'un génie.
c'était l'une des plus belles voix de toute l'histoire de la musique.
certes, il s'est saboté, mais avec un tel entrain et une telle énergie destructrice que cet échec en devient un record à lui tout seul!
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