/image%2F0994617%2F20240925%2Fob_fdeb97_kirsten-dunst-dans-marie-antoinette-20.jpg)
L'arrivée de Marie-Antoinette d'Autriche (Kirsten Dunst), à la cour de Louis XV (Rip Torn), puis son mariage arrangé avec le Dauphin Louis Auguste, Futur Louis XVI (Jason Schwartzmann) pour garantir l'alliance entre la France et l'Autriche... De quoi déchanter, et très vite, entre l'oeil impitoyable des dames de la cour, ou devant la pression sociale représentée par la présence de la maîtresse officielle du Roi, Madame Du Barry (Asia Argento). La future Reine de France doit s'inventer un univers pour pouvoir survivre...
Prenant tout le monde à contrepied après ses deux premiers longs métrages, si actuels et si modernes, Sofia Coppola réalise beaucoup plus un portrait de Marie-Antoinette dans les coulisses de l’histoire qu’une biographie de la Reine. Elle nous montre, surtout, une adolescente qui doit tout abandonner un jour, pour se retrouver dans la position inconfortable d’être au milieu de tout et de tous, forcément regardée et scrutée, et devant forcément décevoir: tout lui est mis sur le dos, dont l’incapacité de son époux Louis XVI à l’honorer (Si j’osais, je dirais qu’il avait facilement la chique coupée, mais ce serait un rien tranchant…), et rien ne peut la sauver aux yeux de l’opinion. Ses goûts pour le luxe (Anticipant sur The bling ring, d’ailleurs…) ne sont qu’une manifestation de sa frustration, une fuite en avant due à l’aliénation d’une jeune femme qui a tout perdu pour ne pas gagner grand-chose.
Inévitablement, lors de la sortie de ce très beau film très réussi, on a surtout parlé du sacrilège qui consiste à accompagner ce film d’une musique du XXe siècle, et d'un montage peu orthodoxe, qui fait la part belle à des effets particulièrement modernes, sans parler d'une esthétique particulièrement sous l'influence de l'image de la mode et de celle de la publicité! Et alors ? ce n’est pas un film historique, c’est un portrait subjectif, magnifiquement interprété par Kirsten Dunst et Jason Schwartzman. Et Sofia Coppola a transformé l’essai en osant accentuer le glamour de cette peinture d’un monde oisif en pleine fuite en avant comme prolongement de l’univers des riches contemporains. Derrière l'histoire d'une Reine infortunée, mal-aimée et mal-comprise, Sofia Coppola nous tend plus le miroir déformant de notre époque, qu'un simple portrait historique...
/image%2F0994617%2F20240925%2Fob_18aa9f_images.jpg)
/image%2F0994617%2F20240925%2Fob_a559ae_marie-antoinette-4-fr-1629748735-1.jpg)