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2 novembre 2024 6 02 /11 /novembre /2024 08:47

Un portrait de Lee Miller, modèle puis photographe de presse, pour Vogue, qui apporta sans doute la plus importante contribution des correspondants de guerre à l'Histoire, celle avec un grand H... Le film commence le parcours en montrant Miller (Kate Winslet) au milieu de ses amis artistes, surréalistes et avant-gardistes, dont Man Ray et Paul Eluard, puis son parcours aux côtés d'un peintre surréaliste Anglais, Roland Penrose (Alexander Skarsgard), dans le Sud de la France puis à Londres, d'où elle va partir à son insistance pour ramener des images de la seconde guerre mondiale...

C'est un biopic, en quelque sorte, mais il fait volontairement l'impasse sur beaucoup de choses, notamment ses années de formation à new York, son mariage de 1932, et mélange volontiers les époques. Une simplification probablement nécessaire pour concentrer le film entre deux points: Lee Miller, figure établie au milieu des surréalistes, et partageant un gouter vaguement canaille à la villa "Le château de Noailles"avec ses amis, dans lequel (des photos de ce genre d'occasions ont circulé en effet) toutes les femmes se montraient nues... Pas les hommes. Puis Lee Miller, photographe frustrée à Londres, amoureuse mais couvée par un amant trop prévenant, une femme déterminée, souhaitant artdemment participer à l'effort de guerre, par conviction d'abord, par défi aussi un peu...Deux images de la féminité, donc, provocante mais d'une certaine façon objectifiée, tant l'oeil des surréalistes pouvait être particulièrement masculin; puis combattante qui va devoir convaincre les uns après les autres, des hommes installés dans leur tranquille assurance de supériorité, dépositaires d'un petit pouvoir (dirigeants d'organes de presse, officiers ("pas de femme ici") et parfois troufions. Elle y mettra du coeur, et même toute sa personne, pour aboutir à une série de clichés révolutionnaires, pris sur la route de la libération de l'Europe, les plus déterminants ayant été pris à Buchenwald et Dachau, en pleine découverte de la réalité des faits, mais aussi au 16, Prinzregentenplatz à Munich, en l'absence des maîtres des lieux, partis se suicider dans un bunker: l'un des titres de postérité pour Lee MIller sera donc de s'être photographiée, symboliquement, dans la baignoire d'adolf hitler.

C'est un film militant, et personne n'a été plus engagé que Kate Winslet, qui a fait une affaire personnelle que ce film se fasse, le produisant personnellement. C'est un acte de foi par bien des égards, et ça débouche sur un film bien fait et engageant, sans doute pas forcément révolutionnaire... Quant à Winslet elle-même elle a incarné la photographe avec son coeur. Je ne suis pas sûr qu'on soit tout le temps dans la "rupture d'incrédulitéé, en clair il est de nombreux moments où on voit Kate Winslet et Kate Winslet seule... Mais c'est inévitablement la loi du genre...

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Published by François Massarelli - dans Biopic