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Ca commence, vraiment, n'importe comment: en lieu et place du logo Warner attendu, c'est une reprise de celui qui était utilisé our les Looney Tunes, dont on sait à quel point Joe Dante est un fan! Il a d'ailleurs souvent rappelé à quel point il estimait avoir une dette envers Chuck Jones, qu'il a engagé pour un petit rôle dans Gremlins. Et les segments des Looney tunes sont justement une occasion pour Jones de retourner à l'animation: le film commence donc par une courte tentative de prise de pouvoir de Daffy Duck sur Bugs Bunny. Sans aucun rapport, évidemment, avec les Gremlins... C'est en revanche totalement en phase avec l'anarchie totale du long métrage...
Spielberg, en confiant ce film au réalisateur du premier Gremlins (1984), savait-il que celui-ci allait se permettre tout ce qui lui passerait par la tête? En tout cas, le film a un semblant de scénario: alors que la boutique du vieux Wang est incendiée par des partenaires véreux qui travaillent pour l'affreux M. Clamp (Un autocrate multi-millionnaire vaguement mafieux, amoureux de son nom au point de le mettre partout, et d'ailleurs son nom se finit par mp, bref un salaud fasciste, quoi), les deux jeunes héros de Gremlins sont désormais des employés du gros business New-Yorkais... Donc de Clamp.
Billy est sérieusement mis sous pression par sa supérieure, sa petite amie Kate travaille à l'accueil des établissements Clamp et sinon le mogwai Gismo a été recueilli dans un laboratoire de recherche qui appartient à Clamp...
A partir de là, on se doute qu'il y aura les catastrophes habituelles, mais la décision de Dante a été de ne se fixer aucune limite... Il n'hésite jamais à soulignerà gros traits les incohérences forcées, et nous livre très très vite les conditions de son chaos infernal orchestré par les Gremlins, pires que dans le premier film... Et son mauvais esprit s'en prend allègrement à la maladie des années 80 qui sont en train de passer à la décennie suivante, celle du profit, du libéralisme sauvage et emrpeint de mauvais goût... sachant que sa cible est inspirée de Donald Trump, on ne peut évidemment que lui donner raison.
De toute façon, Gremlins 2 devient très vite une sorte de parodie de parodie, un film impossible à prendre au sérieux, dans lequel toute l'énergie se concentre sur le sabotage, à tel point que les Gremlins, créatures douées voire surdouées pour le sabotage total, prennent le pouvoir sur le tissu filmique, au point de sortir de l'écran pour envahir les salles de montage. Deux versions existent, une pour le cinéma, et une pour la télévision, dans lesquelles le film est parasité par d'autres médias (dont les Looney Tunes, donc, voir plus haut: finalement cette ouverture avait un sens)... Une habitude pour Dante, mais rarement avec autant d'énergie destructrice. Et pourtant il n'est pas trop difficile d'aimer le film, qui a le bon goût de ne jamais cacher ce qu'il est, c'est à dire presque un accident industriel, une suite inutile d'un classique inattendu, un film qui n'aurait jamais du exister...
Inutile de dire que les rapports entre Dante et Spielberg ont du sérieusement souffrir en conséquence de ce film saboté. La carrière du metteur en scène est d'ailleurs passée dans le rouge à partir de cette période, et il ne s'en est jamais vraiment remis, acceptant des films de plus en plus rarement proposés, et de moins en moins intéressants...