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19 avril 2025 6 19 /04 /avril /2025 21:33

A San Francisco, Tuck Pendleton (Dennis Quaid), pilote d'avion quelque peu lessivé, a signé avec un laboratoire qui cherchait un volontaire pour  une mission délirante: se faire miniaturiser avec un petit vaisseau, pour naviguer à l'intérieur d'un... Lapin. Mais lors de l'expérience, le labo est attaqué par un groupe hostile, qui cherche à voler le matériel... Le professeur responsable a juste le temps, pour éviter que Tuck ne tombe entre leurs mains, de l'injecter à l'intérieur d'un... Humain.

Ce dernier, Jack Putter (Martin Short), est un vendeur de supermarché hypochondriaque, et si effectivement il me semble qu'il n'existe pas de possibilité pour qu'un humain puisse être préparé à une telle éventualité, il faut dire que Jack est sans doute l'une des pires options pour accueillir un pionnier miniaturisé...

Dans les années 60, Richard Fleischer avait réalisé pour la Fox le célèbre Fantastic Voyage, un film de science-fiction parfaitement premier degré, un classique. Techniquement, ce nouveau film n'est en aucun cas un remake, même s'il repose sur le même principe: amener un être humain dans un simili-vaisseau spatial, dans le corps d'un autre humain, et le confronter à ce qui se passe à l'intérieur: le flot sanguin, les réactions de l'hôte et leurs conséquences corporelles... Mais cette fois, dans le cadre d'une comédie. On ne s'étonnera donc pas que derrière l'accomplissement de ce long métrage, on trouve le nom de Steven Spielberg, dont la compagnie Amblin Entertainment était déjà en 1984 derrière Gremlins, du même Joe Dante...

D'une part, Dante, qui n'avait pas encore gâché ses chances avec Gremlins 2, the new batch (ce serait pour 1990), est un metteur en scène doué aussi bien pour le film de science-fction, que pour l'horreur, que pour la comédie, et le fait de mélanger les genres ne l'a jamais gêné: il le prouve avec brio du début à la fin de ce film, où comme pour tant d'autres de ses oeuvres il trouve d'emblée le ton et le rythme... 

D'autre part, Martin Short et Dennis Quaid, dans ce film, fonctionnent comme un duo parfait, l'un à l'intérieur (Tuck, le héros sans barrière ni limite, qui a fait de son hyperactivité un fonctionnement par défaut), l'autre à l'extérieur (Jack, le vendeur timide, effacé, lent et complètement obsédé par sa santé). On ne pouvait rêver deux héros plus dissemblables, et ils sont admirablement complétés (on est dans les années 80, les actrices sont encore secondaires, hélas!) par Meg Ryan, qui interprète Lydia, une journaliste qui devient le seul lien de Tuck avec la "surface", à travers son association avec Jack. 

Tel qu'il est, le film renverse le postulat du film de Fleischer: d'une sorte d'ode à la science toute-puissante, qui va vers le sublime même quand elle va trop loin, Dante en fait un complément à d'autres de ses films: une plongée dans le n'importe quoi, provoquée par des humains pas forcément incompétents, juste trop peu concentrés, et/ou trop avides... Mais surtout, il fournit de la comédie, totalement irrésistible, en même temps qu'une jolie capsule temporelle des années 80, déjà passées au travers de l'oeil de Dante (qui s'amuse beaucoup à placer ses acteurs fétiches, l'inévitable Dick Miller (de tous ses films depuis Hollywood Boulevard), Henry Gibson, Kevin McCarthy, et la cerise sur le gâteau, Robert Picardo dans le rôle hilarant du "cowboy", un bandit complètement imbu de lui-même, qui se déguise en permanence avec des habits western... et, petit rappel qu'on est dans les années 80, une scène voit Jack parler à Tuck, à l'intérieur de sa tête, quand il est aux toilettes, ce qui lui occasionne une réplique d'un voisin de pissotière: "Jouez avec, mais ne lui parlez pas..." 

...Mais les myriades d'idées qui font ce film comptent aussi l'une des surprises les plus poétiques de toutes les années 80, un retournement de situation fantastique, qui nous rappelle que quand on a Meg Ryan sous la main, on ne se contente pas, finalement d'en faire une potiche!

 

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Published by François Massarelli - dans Joe Dante Science-fiction