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Simone, lieutenant de police à Dijon (Léa Drucker) travaille sur une cellule féministe, les "Hardies". Elle qui est assez traditionnelle, voire conservatrice, elle se fait passer pour une prof de musique au collège, pour les infiltrer. Elle est persuadée que le groupe a apporté une complicité à l'assassinat d'un mari violent par son épouse abusée... Quand le groupe se rend compte qu'il y a des fuites, elle est soupçonnée... Pour détourner l'attention, elle n'a pas d'autre solution que de trouver le premier bobard à sortir, et elle désigne un homme qu'elle a vaguement croisé au square où elle emmène ses enfants prendre l'air, comme un homme qui l'aurait violée...
...alors qu'on ne peut pas touver homme meilleur et plus compréhensif des femmes que Paul (Benjamin Lavernhe), homme au foyer, acteur minable marié à une vedette des planches, Charlotte (Julia Piaton), un homme qui a dédié sa vie à permettre le bonheur professionnel à son épouse, pendant que lui souffre en silence, mais sagement, de son cruel manque de reconnaissance...
On a peur, quand au pays de Robert Lamoureux, Philippe Clair, Claude Zidi et Robert Pouret, une comédie parle de féminisme. A plus forte raison quand dès le départ, dans une manifestation assez hilarante, les femmes qui forment un groupe de choc se révèlent assez vite être d'assez irritantes pasionarias, toutes dotées d'un problème d'égo caractérisé, sous la houlette d'une meneuse (Judith Chemla) avec autant de souplesse qu'un militant du PCF en 1955... Car Michel Leclerc (qui avait dressé un curieux mais tendre portrait du Jospinisme dans le sympathique Le nom des gens en 2010) fait partie avec sa compagne, partnaire et co-scénariste Baya Kasmi, des cinéastes observateurs de la société Française, et il s'est refusé à peindre un portrait trop angélique des femmes qui luttent, préférant la caricature à l'hagiographie. Qui aime bien châtie bien, dit-on...
Mais voilà, il n'y pas qu'un portrait tendrement vache des féministes, et d'une policière qui va perdre peu à peu ses illusions conservatrices à leur contact: il y a aussi les hommes, divisés en trois groupes. D'un côté, les masculinistes, une bande de terroristes en puissance rassemblés autour d'un collectif misogyne et homophobes, les Vrais papas, menés par Maxime Barka (Théo Costa-Marini), des cinglés qui sont persuadés que les médias et le gouvernement obéissent en secret aux femmes pour changer l'ordre du monde! De l'autre, les policiers et collègues de Simone: l'un d'entre eux, Jean-Jacques (Vincent Elbaz) est son supérieur d'ailleurs, ainsi que son mari. A une exception prêt (une jeune recrue, qui sert semble-t-il de "caution maghrébine de gauche") ils sont tous très à droite, et très peu enclins à montrer un tant soit peu de patience à l'égard des féministes, de leur collègue féminine... Ou d'une femme battue, comme va le révéler un épisode dramatique du film.
Enfin, au milieu, le personnage sensible, mais lunaire, décalé et foncièrement poétique par sa différence totale d'avec tous les autres mâles du film: Paul est vraiment féministe, au point de conseiller à un réalisateur (Michel Leclerc) qui vient de l'engager pour une série, d'engager une femme pour le remplacer... Un acteur raté qui se contente de jouer les malades pour des photos anti-tabac, mais qui est agréablement surpris quand on le reconnait... Ce qui lui tombe dessus devant une accusation de viol, est imprévu, mais va révéler un monde insoupçonné de pensées et théories inattendues chez ce frustré qui s'ignorait...
Bref: un joli film... souvent gentiment loufoque, et qui va dans le bon sens. Et en plus on y tape sur des militants d'extrême droite, donc ça fait du bien...
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