/image%2F0994617%2F20250524%2Fob_8da7fb_dbl65wfkonhulixccolg7wkubm.jpg)
/image%2F0994617%2F20250524%2Fob_d87824_lavenue2-960x640.jpg)
Et pour changer, un film gentil... Cédric Klapisch aime beaucoup examiner dans ses films les rapports des gens dans un cadre commun, qui prend diverses formes en encourage l'aspect choral de ses oeuvres: Riens du tout, par exemple, concernait un groupe d'employés d'un magasin menacé de fermeture; L'auberge Espagnole, Les poupées Russes et Le casse-tête Chinois (complétés par la série Salade Grecque) plaçaient Romain Duris et parfois quelques autres, dont Cecile de France et Kelly Reilly, dans le récit au long cours d'un séjour Erasmus farfelu et de ses conséquences à parfois très long terme... Et Paris racontait quelques histoires quotidiennes d'un groupe d'humains qui vivent dans la capitale.
Ici, d'un côté,
on suit les pérégrination de quatre personnes qui viennent d'apprendre qu'ils sont cousins: Céline (Julia Piaton), Guy (Vincent Macaigne), Abdel (Zinedine Soualem) et Sébastien (Abraham Wapler) ont en effet tous une ancêtre commune, Adèle Meunier, qui vivait à la fin du XIXe siècle. On les a contactés car il n'y a pas d'héritier pour pouvoir prenre une décision concernant la vente d'une maison abandonnée, qui permettrait à un complexe commercial de s'étendre... Ils vont donc se rendre sur les lieux, en Normandie, pour représenter le groupe de trente héritiers et piloter une décision...
d'autre part,
quand ils arrivent sur place, les quatre cousins sont confrontés à un endroit poussiéreux, mais riche en trésors et mystères. Des photos accumulées sur les murs, des lettres, tout un fatras de faits passés les accueillent... Et un joli tableau inconnu les intrigue. Abdel, par exemple, va contacter son ancienne élève Calixte (Cécile de France) devenue une imortante historienne de l'art, avec un goût pour l'impressionnisme pour tirer son origine au clair. Mais surtout, Sébastien, le plus réticent des cousins (il est réalisateur de contenus sur Tik-Tok ou je ne sais quelle connerie du même genre) s'endort... Et déclenche un nouveau parcours pour les spectateurs qui vont être confrontés à la vie d'Adèle pas encore Meunier, née Vermillard, à l'âge de 20 ans (Suzanne Lindon). Sa grand-mère l'a élevée, mais elle vient de mourir, elle décide de partir pour Paris afin d'y rencontrer sa mère Odette (Sara Giraudeau) qu'elle n'a jamais vue... En chemin, elle rencontre deux artistes, Lucien le photographe (Vassili Schneider) et Anatole le peintre (Paul Kircher) qui eux aussi montent à la capitale...
Le film poursuit ainsi un parcours parallèle, en s'intéressant aussi subtilement que possible aux clins d'oeil et aux éventuelles correspondances entre les deux époques. Une seule fois Klapisch sortira-t-il de sa réserve poétique pour tenter un télescopage, qui est tellement loufoque qu'on l'accepte sans barguigner: sous l'influence d'une boisson hallucinogène chamanique, Sébastien et Calixte se retrouvent à une exposition de 1870 et y croisent Berthe Morizot, Camille Pissarro, Renoir, Degas, Monet, et... Victor Hugo. Calixte est d'ailleurs draguée par ce dernier (François Berléand)... Pour le reste, le passé nourrit le présent et la quête des cousins (qui mène à Giverny, à un retour aux conditions de création au Hâvre, du tableau Impression Soleil Levant, de Claude Monet, mais aussi à Félix Nadar dont la signature orne deux photographies trouvées dans la maison) va leur donner la bonne décision à prendre quant à la maison...
C'est donc un parcours d'apaisement qui nous est conté, de quoi agacer les critiques Parisiens, on s'en doute, et ils n'ont pas manqué de le faire savoir, considérant ce film comme d'une confondante médiocrité. Peu importe, s'il est effectivement profondément tendre, optimiste et généreux, on constate que sa leçon (qui n'est pas, comme l'a écrit récemment un critique de Télération ou Libérama, de considérer que le bonheur est conditionné au fait d'être bien né, et puis quoi encore?) sur notre monde malade vaut d'être vécue dans une salle obscure, entre les tribulations farfelues de cousins qui s'ignoraient, et une gentille et timide Normande confrontée tout à coup à un avenir qui passe par une récupération de son passé... Car oui, le passé, ses leçons, ses artefacts, ses livres et photos, ses tableaux, ses poèmes, ses lettres, tous ces vieux machins qui attendent sous des tas de poussière sont importants. Il nous nourrit, il a beaucoup à nous apprendre, surtout à une époque où une chargée de communication demande à un publicitaire de changer la couleur du tableau qu'il est en train de filmer, car ça jure avec la teinte de la robe dont il s'agit de faire la réclame.
/image%2F0994617%2F20250524%2Fob_b6f30f_c-studiocanal-colours-of-time-ce-qui-m.jpg)
/image%2F0994617%2F20250524%2Fob_4e815b_la-venue-de-l-avenir.jpg)
/image%2F0994617%2F20250524%2Fob_2e72d0_lavenuedelavenir5-960x640.jpg)