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Rob Gordon (John Cusack) tient un magasin de disques à chicago, principalement des occasions. Inutile de dire qu'il est lui-même un musicophile endurci, le genre à consacrer des murs entiers de son appartement à sa collection. Il a deux employés, deux losers certes (Todd Louiso et Jack Black) mais qui sont finalement mieux lotis que lui: sa petite amie Laura (Hiben Hjejle) vient de le quitter, et il s'interroge grandement sur ses capacités à vivre heureux en ménage...
Il s'interroge, ça oui, et le fait directement en s'adressant à nous par caméra interposée. Le dispositif renvoie bien sûr à Goodfellas de Martin Scorsese mais au lieu d'être utilisé avec parcimonie, il occupe tout l'espace et c'est judicieux, car sinon il est probable qu'on se désintéresserait vite des éternels ratés sentimentaux du bonhomme... Avec le recours au dialogue avec le spectateur, on a un angle d'approche du narrateur qui nous le rend si sympathique dans sa maladresse affichée...
Le film fait évidemment la part belle aux obsédés de la musique, et aux collectionneurs fous, aux maniaques du pressage, aux dingos des pochettes... Jack Black évidemment prend un place phénoménale mais jamais au détriment du héros. John Cusack, d'ailleurs, n'est pas venu seul: sa soeur Joan joue sa soeur dans le film... On trouve aussi Lisa Bonet dans un petit rôle, Catherine Zeta-Jones, Tim Robbins et... Bruce Springsteen.
Certes, c'est sans doute un film de Stephen Frears qui représentait plus une commande pour lui, à traver l'adaptation d'un roman de Nick Hornby. Mais c'est un plaisir de voir une comédie romantique qui semble n'avoir aucun effort à faire pour sortir des sentiers battus...