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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 18:33

A Seattle, Angela Childs (Zoe Kravitz) se remet plus ou moins bien d'une agression qu'elle a subie... Et les mesures de confinement post-covid ne l'encouragent pas à sortir. Elle travaille pour une corporation qui a développé une IA de compagnie, Kimi, qui se veut à la pointe de la technologie et des tendances. Si sa vie personnelle est surtout consacrée à rester chez elle sans jamais sortir, ce qui désole sa maman, et Terry (Byron Bowers), un petit ami potentiel qui habite en face de chez elle, sa situation lui permet de se concentrer à son principal travail: effectuer une modération de "Kimi" en réécoutant les échanges échantillonnés par sa hiérarchie, et contribuer à améliorer le logiciel. C'est en effectuant ce travail qu'elle tombe sur un enregistrement qui la convainc qu'une femme a été assassinée... Elle remue ciel et terre pour qu'on l'aide à yvoir clair, mais elle se heurte très vite à un mur, celui de l'entreprise elle-même, puis un autre, quand des hommes de main tentent de la kidnapper...

Ca fait quelques années que Soderbergh s'intéresse aux luttes inégales entre individus et corporations. Erin Brokovich, Traffic, The Informant, Contagion, Side effects et Unsane présentent tous des aspects de ce type de situation, dans des proportions et des intentions toutes très différentes. Le film noir est propice à la paranoïa, et le réalisateur a toujours copieusement joué dessus, y compris en mentant allègrement au spectateur dans deux de ces films qui  se révèlent, quand on les voit, bien différents de ce qu'on attend.

Mais il n'en a jamais fait un systématisme, et ici il met sa mise en scène assurée, hyper-efficace, au service d'une intrigue certes paranoïaque, mais profondément juste dans le recours au point de vue d'une persone qui a de profondes difficultés sociales, qui sont ici admirablement mises en perspective. Car le film va vite devenir l'histoire d'une résurrection, mais à travers la violence. Il y a un peu de Lisbeth Salander dans Angela, mais une Lisbeth qui n'aurait pas cette froideur et ce jusqu'au-boutisme qui caractérise l'héroïne suédoise. 

Et grace à cette histoire Soderbergh montre aussi le portrait en creux d'une époque noire, celle d'une humanité qui est stoppée dans son élan par un virus, et qui laisse finalement l'écart entre les individus et les corporations se creuser...  C'est peu dire que le film est assez pessimiste! Mais il est aussi passionnant, porté par une actrice fantastique, et un recours au point de vue qui ne peut que nous en frappelr d'autres... Panic room, de Fincher, ou encore... Rear Window d'Hitchcock! C'est qu'on en voit, des choses, depuis l'appartement d'Angela. 

Enfin, le film se veut, au moment où tout le monde se précipite sur les IA, le portrait amusé d'une civilisation dans laquelle les applications les plus improbables peuvent, finalement, s'avérer extrêmement utiles quand on a deux tueurs dans son salon.

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Published by François Massarelli - dans Steven Soderbergh Noir