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A San Francisco, nous voyons une femme éliminer un homme, pendant ce qui ressemble à une étreinte... Pendant ce temps l'inspecteur Harry Callahan (Clint Eastwood) fais ce qu'il fait le plus, sinon le mieux: il se voit reprocher ses méthodes par ses supérieurs, par les politiciens, les juges... Alors comment s'étonner qu'au passage, en ville, entre deux grognements, il ne réalise (avec la fameuse réplique "Smith & Wesson and me") un massacre en débarrassant un diner des quelques gangsters qui s'apprêtaient à mettre l'établissement à sac. Puis, devenu la cible d'une famille mafieuse après qu'il ait eu un coup de sang, il échappe de peu à un attentat... Puis se livre à un autre massacre pour faire bonne mesure, subit un autre attentat... etc.
Mis au vert, Callahan est envoyé à San Paulo, où il va croiser la route de la peintre Jennifer Spencer (Sondra Locke), dont la soeur a été violée il y a quelques années lors d'une de leurs sorties, et qui est devenue l'ange exterminateur aperçu au début du film...
Aux thèmes habituels des films qui mettent en scène Harry Callahan (la disparité entre l'efficacité et le professionnalisme de l'inspecteur, et les lourdeurs protocolaires d'une justice qui ne souhaite pas assumer d'être parfois radicale, les bisbilles entre un monde politique qui souhaite tout lisser, et un inspecteur qui reste attaché à l'esprit de la Frontière, et aurait plutôt tendance à vouloir tirer d'abord et discuter ensuite...), viennent s'ajouter une sorte d'officialisation du fait que Harry est seul: on lui adjoint d'autorité un compagnon, le bulldog Meathead... Et il va croiser le chemin d'une femme qui accomplit de façon illégale une vengeance qu'il ne peut que comprendre...
On n'a bien sûr pas l'habitude de voir Harry accompagné d'une femme, et si le fait que ce soit Sondra Locke, sa partenaire dans un certain nombre de films quand même, nous y aide, il est vrai que ce film ne joue pas la même partition que d'habitude. Après tout, il e sagit sans doute pas d'humaniser Harry, mais bien plutôt de montrer sous un angle différent le sens, disons, particulier, de la justice qui l'habite. Car même s'il est expéditif, de droite, bardé de préjugés (on se souvient de sa diatribe rigolarde sur les étrangers dans le Dirty Harry de Don Siegel) et peu encombré de compassion, Harry est surtout mû par une morale sans le moindre compromis...
Pourtant dans ce film où il assume la mise en scène, pour l'unique fois de la carrière d'Harry, Eastwood choisit de détourner l'un des codes de la franchise: après une trentaine de minutes qui le voient se mettre toute sa hiérarchie à dos, Harry Callahan mis devant la nécessité de se mettre au vert part, alors que la caméra s'envole, comme elle le fait dans chacun des films, à la toute fin. Comme si ce qui devait suivre devenait en quelque sorte une variation officieuse... C'est presque une enquête privée à laquelle Eastwood va se livrer, qui va le mener à prendre parfois de drastiques décisions, notamment face à la tueuse qu'il trouvera sur ses pas.
C'est je pense le plus intéressant de tous les films de la franchise, dans lequel avant d'être définitivement trop vieux pour le rôle, Eastwood s'autorise une série constante de variations, en même temps pour faire bonne mesure, que quelques passages obligés. L'efficacité narrative est à son comble, les facilités (la police contre le département de la justice, ça finit par tourner en rond) sont gardées au minimum, et l'humour, s'il est bien présent, reste souvent grippé par la gravité de l'histoire des deux femmes qui ont été violées.
Une morale, je vous dis...
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