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La guerre civile Américaine, ou Guerre de Sécession comme on l'a appelée ici, fut une manne inépuisable d'intrigues mélodramatiques, dès le début du cinéma. Chez Ince, chez Kay-bee, Universal, Biograph, Edison et Vitagraph, chez Eclair, ils ont tous puisé dans cette guerre à la fois éloignée, cristallisée dans sa légende, et proche, à travers les éventuels souvenirs familiaux. Et l'idée romantique d'une soudaine scission dans le tissu Américain était propice à tous les déchainements de l'imagination...
D'où cette intrigue, interprétée avec un jeu excessif et raide, dans un film du studio Champion de Fort Lee, New Jersey: une jeune femme est au désespoir dans un état "frontalier" (les états qui étaient entre le Nord et le Sud pendant la Guerre Civile): son frère est un officier du Sud, mais son fiancé un officier du Nord. Le mélodrame est éminemment prévisible, la fin assez hallucinante...
Un moment inattendu et très fort dans le film, malgré tout: quand elle est surprise dans sa maison dans les bras d'un nordiste, par un régiment que conduit son frère, la jeune femme du titre décide de se saisisr d'une arme et de donner à son amant une demi-heure pour se sauver...