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31 juillet 2025 4 31 /07 /juillet /2025 22:52

Jean, ainé de trois enfants qui ont grandi, et dont les parents sont viticulteurs, est parti pour faire le tour du monde, puis il revientaprès quatre ans: en Australie, il a trouvé une jeune femme, ils ont une exploitation viticole, et un enfant, mais... La mère des trois enfants est décédée, le père est en fin de vie... Jean (Pio Marmaï), Jérémie (François Civil) et Juliette (Ana Girardot) vont devoir reprendre l'exploitation familiale... Les reproches, les frustrations, les écueils, les joies, les peines, les trois font du vin, et recollent les morceaux de leurs vies.

Klapisch, en s'inspirant du titre d'un de ses courts métrages, a appelé sa structure de production "Ce qui me meut"... Ici, il joue sur les mots avec ce titre. Le lien, c'est le motif fondamental des films de Cédric Klapisch. Le lien entre les employés d'un magasin (Riens du tout), le lien entre les anciens élèves de terminale (Le péril jeune), le lien entre les membres de la même famille (Un air de famille), le chat que tout le monde cherche (Chacun cherche son chat), le lien entre père et futur fils (Peut-être), entre les étudiants (L'auberge Espagnole) devenus adultes (Les poupées russes, Casse-tête chinois), entre les "hommes" (Ni pour ni contre, bien au contraire), entre les habitants d'une métropole (Paris), les ouvriers sur le carreau (Ma part du gâteau)... Tous les films réalisés avant celui-ci présentent cet aspect de dresser des liens entre les êtres, à travers les crises, les bonheurs, et parfois la mort.

Celui-ci se situe, strictement, sur un passage linéaire du temps, lié au cycle de la vigne. Au-dela de la tradition viticole (je ne partage évidemment pas le respect de ces gens pour le vin, donc cet asepct a tendance à me laisser froid), le film dresse surtout le portrait attachant d'un fratrie, composée de trsoi personnes bien différent, mais unis. Les vendanges, la rivalité avec un viticulteur tricheur (il s'approprie le raisin des autres, et asperge allègrement ses propres parcelles de produits chimiques, au mépris des autres), les chicanes administratives, le comportement dominateur d'un riche propriétaire (en l'occurrence le beau-père de Jérémie), tout devient prétexte à clash, mais on évite le spectre du cinéma français dans lequel tout le monde s'engueule... Car Klapisch sait où s'arrêter, et que ses films ont toujours un petit rien de la comédie.

Et puis il y a une jolie idée, qui donne à Jean une plus grande prise sur le point de vue: il maintient le lien avec le passé en s'affichant parfois auprès de lui-même quand il était enfant... Une façon de faire le point, d'évoluer et de se raccrocher à un lieu où il n'a plus vécu depuis longtemps. C'est un joli film... aux personnages attachants, même si des fois il leur faut écraser du raisin avec les pieds...

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Published by François Massarelli - dans Cédric Klapisch