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7 juillet 2025 1 07 /07 /juillet /2025 23:33

La passion du cinéma, ça mène à tout. La preuve: Pierre Tchernia, certes un homme de télévision, à l'époque où ça n'était d'ailleurs pas encore un métier, a toujours tourné autour du septième art, dont il était sas aucun doute le principal vulgaristeur pour le grand public. Un passionné qui avat vu les films dont il parlait et qui aimait les films qu'il avait vus et revus, ceux des burlesques Américains qu'il admirait, mais aussi les comédies des grands auteurs français, René Clair en tête. Cela ne l'empêchait pas d'aimer Clouzot, Renoir ou Carné...

Mais les rares fois où il s'est lancé dans la mise en scène, il a toujours oeuvré dans la comédie: quatre fois, quatre pauvres petites fois. On cite plus souvent un chef d'oeuvre, son admirable Viager, pour lequel il eut l'excellente idée de le faire écrire par rené Goscinny. C'était son premier film, ce sera son meilleur, même si on aimerait bien revoir Les gaspards, le deuxième, auquel Goscinny a, là encore, contribué. Un film plutôt sous une double influence, là encore René Clair, mais dans la veine la plus loufoque de son oeuvre, mais aussi les années 70 comme étant un temps de nouvelles idéologies, et d'utopies douces et un peu dingues...

Son troisième film est cette petite comédie urbaine, dont l'argument est du à Jean Poiret, qui est évidemment prolongé par son alter ego, l'inévitable Michel Serrault... Celui-ci est de tous le films du cinéaste, ainsi que dans la distribution de son téléfilm le plus célèbre, une adaptation du Passe-Muraille de Marcel Aymé (1977).

Les élections approchent: Martial Perrin (Michel Serrault), leader du parti CIP (Les Conservateurs Indépendants Progressistes!) est en perte de vitesse dans les sondages et son entourage commence à penser à le remplacer. Flanqué de son éminence grise, Constant (Jean Poiret), il écume les plateaux de télévision, et les meetings. Mais il apprend qu'un tueur vient de s'évader, un homme qui a payé en faisant de la prison, mais qui a payé pour d'autres, un réseau d'hommes établis qui se sont enrichis par des moyens pas très catholiques. Au vu de la réaction de Perrin à l'annonce de l'évasion, on se doute qu'il a trempé dans des affaires pas très honnêtes...

C'est là qu'on se dit qu'on est sans doute un peu plus dans l'univers de Poiret, que dans celui de Tchernia. Mais si l'intrigue est bien l'occasion de brocarder le monde politico-médiatique de cette fin des années 70, donc du giscardisme finissant, le fait est que l'idée principale renvoie à cette vision de la comédie loufoque telle que le réalisateur la concevait: car pour se sortir d'un mauvais pas, Perrin demande à Constant d'engager sn propre cousin pour le remplacer... Et Gilbert Brossard, acteur raté, n'a pas grand chose à voir avec Martial Perrin, au contraire, même si c'est son sosie.

C'est tributaire d'un numéro d'acteur, bien sûr. J'admet qu'il est est facile de préférer la composition de Serrault en Perrin à son cabotinage sans limites dans le rôle de Brossard... Mais le couple Serrault-Poiret reste d'une grande solidité, et la farce se voit sans déplaisir. On peut d'ailleurs s'amuser à chercher quelles sont les cibles, à cette époque qui voyait un jeune loup de la politique, promis à un bel avenir, qui n'en finissait plus de dire tout et son contraire, et se déclarait "Travailliste" en s'affichant avec Charles Pasqua. Oui, il y a du Chirac dans ce Martial Perrin, et du RPR dans ce CIP. Mais ce qui reste finalement le plus réussi dans ce film, c'est l'accumulation de seconds rôles: tout le monde aimait Pierre Tchernia, et on imagine que tous ces acteurs sont venus effectuer leur tour de piste avec plaisir: Michel Blanc, Roger Carel, Dominique Lavanant, Curd Jurgens, Georges Géret, André Parisy, Bernadette Laffont, Paulette Dubost, Andréa Parisy, Jacques Legras, Francis Lax, Pierre Douglas, Bernard Lavalette,  Colette Brosset, et même quelques collègues de la télévision: Patrick Poivre d'Arvor, Dorothée, et j'en oublie certainement. 

Et même, parfois, quelques répliques nous renvoient à la gentille loufoquerie de l'univers de Tchernia, comme ce commissaire Javert (Géret) qui quand on lui fait remarquer que son nom rappelle des souvenirs, répond tranquillement "Oui, c'était mon arrière-grand-père"... On rit parfois devant des raccourcis inattendus, comme ce salut nazi esquissé par Brossard lors d'un défilé, lui qui n'a pas encore totalement compris comment jouer le personnage! Ou encore la tête de Gemaine Delbat qui joue Madame Perrin mère, et qui s'extasie de la gentillesse de son fils, alors qu'il se comporte vis-à-vis d'elle comme un goujat. Il y avait sans doute un vrai potentiel dans ce film...

Un dernier point: sur un sujet à la fois profondément différent, et pourtant proche, Albert Dupontel a réalisé un film surprenant, pas toujours réussi, qui s'intitule Second tour. Ce n'est en aucun cas un plagiat...

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Published by François Massarelli - dans Pierre Tchernia Comédie