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10 juillet 2025 4 10 /07 /juillet /2025 16:34

Paris à l'été 73... On bétonne, on construit, on déconstruit, on troue et on obstrue la ville... Un vrai fromage! D'ailleurs, les poireaux disparaissent à vue d'oeil...

Jean-Pierre Rondin (Michel Serrault), libraire et bouquiniste, auteur d'un album consacré au Paris d'antan, se lamente de ne plus pouvoir faire son travail en paix, tellement le bruit est assourdissant. Sinon, sa petite vie est tranquille, entre ses clients fidèles, sa fille Marie-Hélène (Chantal Goya), son copain le facteur (Grolard Depardieu)... Mais un soir, Marie-Hélène, que ses amis ont laissée à deux pas de la librairie, ne rentre pas. Elle a 22 ans, mais Rondin trouve son absence louche... Le commissaire Lalatte (Michel Galabru) ne s'émeut pas de sa disparition, mais quand on lui annonce que 20 touristes ont disparu d'un coup pendant une visite des catacombes, il va prendre une décision héroïque. Et quand un message annonce suspendre le retour des touristes à la fin de travaux ("que le ministre arrête de faire des trous dans Paris"), le ministre des travaux publics (Charles Denner) souhaite qu'on y mettre bon ordre, et le commissaire doit ajourner ses vacances...

Mais Rondin mène son enquête: il va découvrir toute une société secrète, parallèle, qui vit sous les sols de Paris autour de l'excentique Gaspard (Philippe Noiret)...

L'idée est de Tchernia, qui s'en est ouvert dès la fin du tournage du Viager à son ami Goscinny. Celui-ci l'a aidé pour l'adaptation du scénario, ce qui se sent parfois (un des touristes disparus s'appelle Averell Nixon, et sinon, le Depardieu, il a un rôle de grand naîf un peu gauche, comme Obélix), et le début du film, partagé entre une intrigue mystérieuse à souhait même dans sa loufoquerie, et des allusions au massacre de la ville de Paris (le générique se déroule sur des panneaux de travaux animés, et le film se promène du trou des halles, au chantier de la Défense...).

Mais c'est du pur Tchernia, l'amoureux des films poétiques et burlesques de René Clair, secondé par son alter ego Michel Serrault... Certes, le film est bien moins réussi que Le Viager et le paiera au box-office. Mais il y a là un univers fait d'une gentille absurdité, de dialogues souvent malins (Galabru, visitant les Catacombes: "O tempora, O mores, comme disaient les anciens" "Ca veut dire quoi, chef?" "c'est du latin, une langue morte!"; Jacques Legras, en agent de police, qui a tenu à rester après son enlèvement par les amis de Gaspard: "là-haut, on m'appelle "Sale Flic", ici, on m'appelle Georges..."), et d'une intrigue pas si improbable que ça, car comme l'a souligné Tchernia lui-même, entre Jean Valjean transportant Javert (que Serrault va rencontrer, mais oui, dans ses pérégrinations souterraines), le métro et les Catacombes, paris? C'est un gruyère...

Le metteur en scène recycle des split-screens à la manière des années 30, s'amuse de trompe-l'oeil en pur système D (dans lesquels on verra le fameux Ministère des travaux Publics en version Tour de Pise), demande à Denner une prestation totalement délirante dans laquelle le grand comédien se jette avec gourmandise ('je ne fais pas de trous, commissaire, j'ordonne des excavations!") et le compare à napoléon dans un plan subrilement discret...

 

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Published by François Massarelli - dans Pierre Tchernia René Goscinny Comédie