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Nous assistons à des événements situés dans deux univers totalement différents, dans le monde qui est le notre:
d'un côté, à Dunkerque, la faillite d'un groupe industriel pousse France (Karin Viard), une mère de famille récemment licenciée, au suicide. Après sa tentative elle décide de tout faire pour s'en sortir, et accepte une proposition, celle de partir à Paris où elle s'engage auprès d'un service de placement de femmes de ménage dirigé par Ahmed (Zinedine Soualem)...
de l'autre, Stéphane (Gilles Lellouche), un "trader" au succès insolent, a du mal à jongler entre son métier, ses nombreuses conquêtes (plus elles sont expéditives, meilleur c'est, semble-t-il), celle avec laquelle il a tenté un peu plus, et surtout son fils Alban, dont il ne sait littéralement pas quoi faire...
Stéphane va engager France, et lui confier de plus en plus de responsabilités, notamment auprès d'Alban. Mais surtout ils vont se rapprocher, jusqu'à ce que France découvre lors d'une conversation, que Stéphane est responsable de la faillite de son entreprise Dunkerquoise...
L'endroit où le film commence a-t-il été choisi au hasard? C'est que peu de temps avant le commencement du tournage, la raffinerie des Flandres a fermé ses portes... Mettant au chômage un grand nombre de salariés. Beaucoup d'entre eux ont fait de la figuration, et ce n'est pas peu dire que le film a choisi son camp, car entre Stéphane et son culte de l'argent facile, et France qui passe de la débrouille à la lutte sociale dure (et presque inattendue), Klapisch privilégie la mère de famille.
Oh bien sûr, et c'est un paradoxe pour un film qui commence par une tentative de suicide et joue avec la notion d'un enlèvement d'enfant, la forme renvoie immanquablement à la comédie, qui reste le mode de fonctionnement préféré du metteur en scène. Et dès le départ, la façon dont les deux personnages et leurs vies sont présentées en parallèle, nous ne pouvons ignorer qu'il va y avoir un rapprochement! Un moment me semble symptômatique d'une certaine ironie, car lorsque Stéphane propose à France 100 Euros par jour pour garder son fils en plus de son ménage, France entend... Pretty Woman, de Roy Orbison! Comme un commentaire acide sur ce que l'on serait en droit d'attendre d'une comédie typiquement américaine.
Sauf qu'on n'est pas aux Etats-Unis, et entre la vie facile, le luxe quotidien, et l'attrait d'un beau parleur finalement plus vide que ses illusions, et la solidarité avec ceux qui sont sa famille depuis touours, France va clairement afficher sa loyauté, et le faire dans un crescendo audacieux qui réduit la comédie en cendres... Les acteurs sont magistraux, et le metteur en scène a clairement laissé une grande latitude à ses interprètes, certains d'entre eux, d'ailleurs, ne jouent pas vraiment.