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Et si finalement, Chuck Jones était devenu avec l'âge le spécialiste des couples mal assortis? Un coyote lié pour l'éternité à l'oiseau qu'il n'attrapera jamais, ou un gentil bull-dog qui se met dans des situations pas possibles parce qu'il ressent une sorte d'amour paternel pour son compagnon le petit chat... Un canard qui n'en peut plus de devoir cohabiter avec un lapin beau parleur, ou ce même canard qui traine derrière lui un assistant qui n'est autre qu'un cochon... Bref, il y a une certaine tendance à vouloir explorer la dynamique de ces appariments, certains contre nature!
Claude le chat est pour moi un personnage attachant, un de ces losers magnifiques, qui ressemble à une version non bavarde, et vaguement jaunâtre, de Sylvester. Un malin, mais qui trouve toujours devant lui les pires ennemis, le pire étant ce petit chien au pedigree incertain qu'on lui colle un jour dans les pattes (il s'appelle Frisky)... Dans ce court métrage qui inaugure leur collaboration (il y aura trois films en tout), Claude qui vit une vie sans souci en seul animal de la maison, voit arrier un concurrent, un chiot qui a la faveur de son maître et de sa maîtresse. Il lui faut trouver un moyen de s'en débarrasser...
Sans que les animaux (contrairement à leurs maîtres, dont nous ne verrons jamais le visage) ne prononcent une seule réplique, nous allons assister à un festival d'expressivité, le champion toutes catégories état le chat Claude... Nous n'ignorons rien de sa duplicité, et nous pouvons quasiment lire ses pensées, dans une mise en scène magistrale qui doit beaucoup au muet, et au style radical et toujours innovateur de Jones en 1950...