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Un film nommé Absolute power qui raconte justement les coulisses d'un abus de pouvoir, fut-il intime? On n'attend pourtant pas Eastwood, qui consacrera un film neutre à J.Edgar Hoover, il faut le faire, sur le terrain du thriller politique. En clair, il n'est pas du genre à réaliser All the president's men...
C'est qu'après l'étrange quête philosophique noire de A perfect world, et l'histoire d'amour de The bridges of Madison County, le réalisateur a jeté son dévolu sur trois films qui appartiennent au genre policier... Le premier raconte donc les aventures d'un maître voleur, un amateur d'art qui fait très bien son travail... Mais Luther Whitney (Clint Eastwood) s'est attaqué à un gros poisson, très gros, même trop gros: car durant sa visite de l'appartement cossu d'un notable, l'épouse légitime rentre avec son amant, qui n'est autre que le président des Etats-Unis, Alan Richmond (Gene Hackman)... Luther se cache et depuis sa cachette va être témoin d'un crime, dont on ne tardera pas à l'accuser... Alors qu'il sait très bien que le meurtre est de la responsabilité du président, un Sudiste incapable de contrôler ses pulsions...
C'est Ed Harris qui interprète le limier chargé de l'affaire, et Laura Linney incarne la propre fille de Luther Whitney, qui vit à l'écart de son papa voleur... Le personnage joué par Eastwood est fascinant par le fait qu'il existe, finalement, si peu: père absent, secret et discret à l'extrême de par son métier, apte à se fondre dans la foule par des déguisements rocambolesques... Il y a du Arsène Lupin en lui, et l'ironie est que ce type qui gagne à ne pas être reconnu est témoin d'une scène embarrassante avant de devenir effrayante, derrière un miroir sans tain...
La séquence durant laquelle Whitney doit assister aux ébats depuis un miroir sans tain, est une nouvelle fois la preuve du fait qu'Eastwood aime vraiment beaucoup mettre ses personnages dans des situations incongrues! Mais la façon dont une fois de plus la sexualité s'exprime en terme très violents jette encore un peu le trouble sur l'univers du réalisateur.
Whitney est pourtant, par bien des côtés, un homme revenu de ces égarements, un contemplatif qui dessine et peint à ses heures perdues. Un homme fasciné par le clair-obscur qui ne peut accomplir son métier illégal que dans l'obscurité... D'ailleurs le metteur en scène a demandé à son chef-opérateur, Jack Green, de pousser le bouchon sur la pénombre! Dès le départ, dès le générique, nous sommes dans l'oeil d'un homme qui se repait de la peinture des autres dans les moindres détails.
Des trois films criminels mentionnés plus haut, celui-ci est le moins bon, mais l'ironie entre le côté dégoûtant de l'incident impliquant le président, l'efficacité froide de sa principale collaboratrice (Judy Davis) et la noblesse des goûts artistiques du "héros" font du visionnage une expérience toujours intéressante. Et sinon, je suis content de ne pas avoir parlé de Bill Clinton.