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La comédie Happiness contait, de façon souvent froide, la vie de trois soeurs en crise, dans le New Jersey de 1998. Helen, autrice à succès, Trish, la mère au foyer modèle, et Joy la hippie décalée, vivaient chacune leurs propres cauchemars domestiques, tout en maintenant l'apparence de la normalité. Life during wartime (incidemment, aucun lien avec l'admirable chanson des Talking heads) est une suite, qui part de la situation qui se dessinait à la fin du précédent film, mais avec un parti-pris étonnant: aucun des acteurs ne revient, ils ont tous été remplacés...
Helen (Ally Sheedy) est quasiment absente du film, sa réussite étant largement basée sur le fait qu'elle a décidé d'abandonner tout lien avec sa famille... Elle est remontée contre les siens, une famille Juive qu'elle identifie avec les persécuteurs des Palestiniens. Joy (Shirley Henderson) est toujours pétrie de bons sentiments, et travaille avec des repris de justice, elle en a même marié un (Michael K. Williams), mais leur mariage bat de l'aile. Elle reçoit des visites d'un amant qui est mort (Paul Reubens)... Elle rend visite à sa soeur Trish, pour échapper à son mari et ses propres échecs.
Trish (Allison Janney) est partie pour la Floride avec ses trois enfants: Billy (Chris Marquette), le plus grand, essaie de se reconstruire après avoir "perdu" son père (qui est en prison pour pédophilie), pendant que le deuxième Timmy (Dylan Riley Snyder) tente de faire sens des informations contradictoires sur son père: sa mère le prétend mort, mais on lui dit souvent qu'il est en prison...
Pendant que Trish essaie de se reconstruire avec un nouvel homme (Rich Pecci), son mari (Ciaran Hinds) sort de prison et se rend en Floride où il essaie de retrouver le contact avec son grand fils Billy...
Happiness était déjà fort corrosif, et se terminanit sur une impression de ratage généralisé... mais c'était sans compter sur le fait que le monde dans lequel les personnages évoluaient allait devenir encore plus délirant. On parle souvent de pédophilie dans le film, plus encore que dans Happiness, où le personnage de Bill Maplewood était amené à concrétiser ses désirs les plus effroyables. C'est parce que le mal incarné par le bon père de famille dans le premier film, a des conséquences sur toute sa famille; et au-delà des désirs terribles d'un père, d'autres personnages montrent des failles terrifiantes: Allen, le mari de Joy, énumère tous les vices auxquels il a du renoncer, dans une diatribe à la fois hilarante et profondément noire.
Mais surtout Timmy, qui doit vivre avec l'idée que son père est un pédophile, finit par assimiler cette trajectoire d'un personnage, à celle d'un terroriste. Et nous laissera avec cette idée, en suspens, sans espoir de retour en arrière.
Quant à l'idée de ne pas donner les rôles aux mêes acteurs, elle est très réussie: on n'a paradoxalement aucun souci pour entrer dans le film, qu'on ait vu le précédent ou pas...
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