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Omar Raddad a été condamné à 18 ans de prison, pour homicide volontaire avec des circonstances atténuantes, un meurtre dont il est tellement évident qu'il ne l'a pas commis, qu'on se demande encore pourquoi la réhabilitation n'a pas eu lieu. On assiste, dans un écheveau adroit de flash-backs, à une reconstitution de son parcours...
Sami Bouajila, juste et admirable de subtilité, incarne le jardinier marocain, un homme peu instruit, mais foncièrement honnête, et surtout estomaqué car son père, venu en France des années avant lui, le lui a toujours dit: la France c'est un grand pays, c'est le pays de la liberté et de la justice. De 1991 à 1998, Omar Raddad sera privé de l'une comme de l'autre...
Le film a été abordé par Roschdy Zem comme étant le récit implacable d'une authentique erreur judiciaire, dans laquelle se dessine le spectre du racisme ordinaire... Et un peu plus, à travers ce personnage d'un écrivain, homme pltôt conservateur mais attaché à défendre les opprimés, qui se fait, finalement, mousser jusqu'à devenir académicien. C'est denis Podalydès, dans une composition assez chargée, qui selon moi tranche un peu avec la rigueur de l'ensemble... Dans ce qui reste fondamentalement un film très généreux.