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Dans la province de Siam (dans l'actuelle Thaïlande), vit Kru, un fermier avec sa famille. La mère et les enfants à ses côtés, ils doivent constamment se battre pour garder la tranquillité de leur ferme à la lisière de la jungle... Les dangers abondent: les tigres, bien sûr, les ours, des léopards et jusqu'à un troupeau d'éléphants qui passent par là...
On pense, une fois de plus, à Nanook, le documentaire séminal du cinéma Américain. En venant vers les fermiers de Siam, Schoedsack et Cooper ont poussé les choses et provoqué bien des événements comme avant eux le réalisateur Flaherty: chasses, réunion de femiers pour organiser des battues pour la lutte contre les fauves, etc... C'était inévitable, et de fait on peut voir derrière cette mise en scène (car c'en est une!) une volonté très forte de faire du cinéma et de capter... du mouvement.
Car contrairement à ce qui était arrivé lors de leur tournage de Grass, et de la découverte émerveillée de la transhumance d'un peuple de nomades qui n'hésitaient pas à se lancer dans une épique traversée de montagnes et de rivières froides, ici, les fermiers sont sédentaires. Et les deux cinéastes rivalisent de trouvailles pour agrémenter leur film, qui après tout ne raconte rien du tout, de séquences pour lui donner du relief...
Ainsi on demande aux locaux de jouer, on établit des scénarios pour la journée, on met la chasse en valeur en y ajoutant des péripéties qui font intervenir le montage. Schoedsack a été caméraman chez Sennett, il sait jouer sur la vitesse de défilement de la pellicule, et il s'en sert pour insérer une scène suspense comique lors de la chasse au tigre, quand Kru manque de se faire manger. Du pur cinéma, en réalité...
Les deux compères étaient des monteurs fins et doués, et des metteurs en scène qui ne pouvaient donc s'empêcher de remodeler la vérité des actes devant eux. Ils étaient déjà en route vers King Kong, donc...