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Dans une ville du Nord, nous faisons la connaissance de deux familles: chez les Groseille, la débrouille reste le maître mot: le père, sous prétexte d'hypothétiques blessures de la Guerre d'Algérie, ne travaille pas, et les enfants sont tous, à des degrés divers, délinquants. Ils habitent dans un quartier sensible comme on dit, le "Moulin de la Vierge". De son côté, les Le Quesnoy vivent de l'autre côté de la barrière. Monsieur est le directeur régional de l'EDF; ils sont catholiques pratiquants, ont fait tout un tas de mômes qui tous portent du bleu marine, reçoivent quotidiennement le curé de la paroisse très comme il faut... Ces deux familles opposées vont avoir leur vie changée, qand une infirmière leur révèle que par dépit contre le médecin qui les a accompagnées le même jour, il y a douze ans, elle a échangé les bébés des deux mères de famille. Bernadette a donc été élevée par les le Quesnoy, et Maurice, dit Momo, par les Groseille... Ce dernier a dans l'idée que sa famille a tout à gagner dans l'affaire...
Ce premier film de Chatilliez propose une synthèse entre l'observation clinique des comportements, et les clichés poussés jusqu'à l'absurde, entre les riches et les pauvres. Le film se refuse à l'angélisme, au consensus, et à la moindre compassion. C'est donc le plus souvent mal poli, extrêmement drôle, et sans aucune retenue. Mais au-delà du comique de provocation (qui était dans l'air: les Nuls, Albert Dupontel, et d'autres, prenaient alors le relais de feu Pierre Desproges, ce qui reste de ce film, c'est sans doute l'accumulation sportive et jouissive de formules définitives. Au-dela, on ne débouche sur pas grand chose finalement. Comme souvent avec Chatilliez, difficile d'aimer ces personnages, un ingrédient essentiel de la comédie. Mais c'est un film léger, à voir pour le plaisir des répliques et de la caricature-jeu de massacre: les Le Quesnoy, en particulier Hélène Vincent et André Wilms, le curé interprété par Bouchitey, et les horreurs débitées par les Groseille... Sa méchanceté n'est pas, loin s'en faut, une observation sociale à part entière, juste une synthèse pratique mais fallacieuse des gros titres de journaux.