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Daniel (Robert Hossein) et Paul (Jean Sorel) cambriolent un appartement... Mais ça tourne mal: quand le propriétaire rentre à l'improviste, Daniel est pris au piège devant le coffre-fort, et Paul lui sauve la mise en assommant l'homme. Arreté, Daniel ne dénonce pas son camarade et passe une année en prison... Puis s'évade.
Il prend un train en douce et atterrit dans les Alpes-Maritimes, à Bouyon. Il est recueilli par un brave type qui tient un relais routier, Thomas (George Wilson). Celui-ci vit seul avec son épouse, la jeune Maria (Catherine Rouvel). Elle n'apprécie pas la présence de Daniel, dont elle a vite compris qu'il n'était pas le travailleur saisonnier qu'il prétend être... Elle lui demande de forcer le coffre de son mari, mais ça tourne mal, très mal.
C'est l'avant-dernier film de Duvivier, qui se réfugie comme pour le film qui viendra (Diaboliquement votre, en 1967) dans le roman noir, adaptant un roman de James Hadley Chase (Come easy, go easy, 1960) en compagnie de Barjavel. Le fatalisme noir des deux hommes éclabousse l'écran: coincé devant un coffre-fort et surpris en plein crime, Daniel semble condamné à errer dans les limbes, et à revivre le même sort une fois arrivé en Provence, au milieu de nulle part. La belle camaraderie qui unit les deux cambrioleurs (l'un a sauvé l'autre en tuant un homme, l'autre ne le dénonce pas à la police) va voler en éclats lorsque les deux hommes seront confrontés à Catherine Rouvel, qui joue une garce particulièrement mal intentionnée...
C'est glauque, et même à la limite un peu sadique. Mais par bien des côtés, c'est proche du western, et d'ailleurs on pense parfois à Jubal, de Delmer Daves, avec Glenn Ford et ernest Borgnine... Le rôle de bandit marqué par la fatalité convient admirablement à Robert Hossein, du reste... Lucien Raimbourg joue un personnage intéressant, celui d'un membre de la famille de Thomas, qui joue les oiseaux de mauvais augure, en faisant le pique-assiette sur le dos de l'infortuné cafetier...
...Oui, c'est un monde cruel!!