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En Autriche, quelque temps avant la première guerre mondiale: un régiment qui passe par un village s'arrête. Le bel officier Vigilatti (Norman Kerry) est incité par des notables, et se retrouve assez embarrassé de devoir manger leur soupe, et écouter la dame de la maison jouer du piano, jusqu'au moment où il aperçoit la nièce des maîtres de maison: la jeune Hannerl (Mary Philbin) est une innocente jeune femme, mais le coup de foudre est immédiat et réciproque...
A la mort de son oncle, elle se rend à Vienne, chez une cousine (Betty Compson). Elle retrouve son bel officier, mais elle est aussi approchée par un homme riche et d'un certain âge (Henry B. Walthall)... Le dilemme est important car elle a de l'estime pour ce dernier...
C'est l'unique film réalisé aux Etats-Unis par Dupont, attiré à la Universal par des offres alléchantes: le studio avait laissé passer Murnau, et en 1928 celui-ci était encore considéré comme le joyau de la couronne à la Fox! Après son film internationalement reconnu, Variétés, Dupont était à son tour très courtisé. On voit bien pourquoi on lui a confié ce film sur lequel plane l'ombre de Stroheim: les circonstances font que la pragmatique oie blanche va devoir slalomer entre sécurité (le vieil homme) et séduction (Norman Kerry): les scènes d'amour entre les deux jeunes acteurs sont un rappel du fait qu'en cette année 1928, leur collaboration durait depuis 5 ans, avec The merry-go-round (1923) et The Phantom of the opera. Ils se connaissaient... Dupont est toujours attiré par l'aspect sexuel de la séduction, et sa tâche ici est lourde: il doit à la fois se conformer à la censure tatillonne du code Hayes, et pour autant livrer une histoire dont le romantisme échevelé est en droite ligne de son film le plus célèbre...
C'est assez réussi, d'abord parce que c'est souvent léger: Kerry est sans doute le plus souriant de tous les acteurs du muet, et si parfois ça en fait une grande andouille, il n'en reste pas moins un type foncièrement sympathique! Et le cinéaste s'est appliqué à utiliser les ressources de son art, en filmant le plus souvent les amants potentiels de près, comme dans ce plan de la rencontre qui montre Mary Philbin sur un fauteuil, le buste de Kerry entrant dans le champ par la gauche, un grand sourire aux lèvres... Une autre séquence, lors d'un bal, montre de façon imaginative un point de vue: la jalousie pousse un personnage à effacer de sa vision les couples qui l'empêchent de voir la personne aimée dans les bras d'une autre personne... Et les couples s'effacent soudain.
De belles idées, donc, au milieu d'un film gentiment conventionnel. Quoique... Betty Compson, même dans un rôle secondaire, est exceptionnelle. Une vraie héroïne Stroheimienne, qui exprime volontiers ses désirs, mais qui va devoir les reléguer aux oubliettes par loyauté familiale...
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