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Alice, une jeune lycéenne d'un lycée catholique hyper traditionnaliste, découvre à la fois sa sexualité et la notion de pêché qui s'y rattache... Et elle a les plus grandes difficultés à comprendre le monde qui l'entoure: quand on commence à répandre une rumeur selon laquelle elle aurait commis un acte particulièrement coquin avec un garçon durant le week-end, elle est partagée entre deux interrogations: d'une part, comment réussir à faire triompher la vérité; d'autre part, comment contrer des accusations qu'elle ne comprend littéralement pas...
La réalisatrice Karen Maine et l'actrice principale Natalia Dyer avaient déjà officié ensemble sur un film de court métrage du mpele titre: en 2017, le premier Yes, God, Yes concentrait en 11 minutes les découvertes intrigantes de son héroïne, et faisait mouche. Le conte initiatique tient assez bien la route en un long métrage qui ne fait jamais le malin, et repose sur l'adhésion des spectateurs à l'itinéraire d'une naïve. Natalia Dyer est excellente dans ce rôle...
Comme pour le premier film, la réalisatrice a décidé de placer l'intrigue environ vingt ans avant la date de sa conception: d'une part, j'imagine, par identification avec les jeunes gens du film; mais aussi pour permettre des limites dans le monde qui nous est présenté: comment comprendre l'extrême naïveté d'Alice à l'ère des smartphones et de l'internet à haut débit? Avec sa mise en valeur des gadgets vontage (vieux ordinateurs avec modems bruyants, téléphones cellulaires antédiluviens), le film concentre finalement son intrigue sur ce qui est important: les rapports entre une adolescente qui a tout à apprendre, et un monde extrêmement corrompu... Le décalage entre la naïveté de l'héroïne et l'absurdité des règles de l'école (dans laquelle les soutanes, chasubles et vêtements de religieuses, cachent bien des turpitudes) est le principal ressort de la gentille satire.