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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 09:35

C'est en voyageant, dans un compartment de train plus précisément, que le Docteur Hunt Bailey (George Brent) met le premier pas dans ce qui va être une bien curieuse expérience: il rencontre, en effet, une bien curieuse et un rien excentrique personne, Cissie Bedereaux (Olive Blakeney)... Mais quelques temps plus tard il apprend sa mort, ce qui l'intrigue. Il rencontre le frère de Cissie, Nick (Paul Lukas), et surtout son épouse, Allida (Hedy Lamarr), dont la beauté le fascine. Mais Nick lui annonce que son épouse est folle...

Tout concourt, au début du film, lors de ce voyage en train qui a demandé des efforts conséquents à la RKO, à donner l'impression que l'on va assister à un film fantastique, comme l'étaient les trois précédents films de Tourneur pour la compagnie... Il a fallu recréer de toutes pièces une tempête de neige qui semble nous indiquer, au-delà de la politesse et de la chaleur simple des échanges entre Brent et sa partenaire, que des forces obscures vont se manifester! Et le film entier, en réalité, fonctionne de cette façon.

Pourtant, rien dans ce film, au final, ne sera fantastique au sens propre. Une histoire de possession? Tout du moins un mari jaloux qui transcrit ses propres névroses dans la possession de son épouse, en lui refusant d'exister à part entière par la manipulation mentale. ...ce qui renvoie bien sûr à Gaslight, de Thorold Dickinson, et son remake Hollywoodien effectié à la MGM par George Cukor. Si ce dernier (Avec Joseph Cotten et Ingrid Bergman) sort la même année que ce film, la version Britannique date effectivement de 1940, et peut à mon sens avoir été à l'origine d'un certain nombre d'oeuvres sous influence, dont ce film! Après tout, même Suspicion, de Hitchcock, lui doit un peu quelque chose...

Cela reste quand même un film moindre: l'histoire est bien sûr prenante, les acteurs compétents, mais d'une part George Brent se fait écraser à plate couture par Paul Lukas, et l'ensemble de la mise en scène semble parfois se dissocier du film comme pour nous indiquer qu'il y avait d'autres choses à voir... Amusant de voir que ce qui semble le plus coller au film est ce qui le détache de la réalité: des passages filmés, joués mais muets, dans lesquels un narrateur semble donner du sens aux images, comme dans les splendides courts métrages semi-documentaires que le metteur en scène avait effectué à la MGM dans les années 30... Des choix de mise en scène qui placent parfois le film dans une sorte de baroque légèrement décalé, bien dans la manière de Tourneur... 

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tourneur