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Dans un petit immeuble, nous faisons la connaissance d'une jeune femme, qui est employée par une famille bourgeoise dont elle est la bonne à tout faire. Le soir, elle s'éclipse parfois pour rejoindre son amant... Un soir, celui-ci a eu un souci, il est à l'hôpital. Le facteur qui vit dans l'immeuble apporte à la jeune femme des lettres de lui... Puis plus rien. Des jours plus tard, le jeune homme revient et révèle qu'il a envoyé des courriers, qui lui sont tous revenus...
C'est un petit film, très réduit (la copie actuellement disponible sur le site de la Cinémathèque Fédérale totalise 39 minutes...), dont le scénario est dû à Carl Mayer. Clairement, c'est l'une des premières tentatives de ce dernier de définir le Kammerspiel: peu de personnages, unité de lieu, une action résumée en gestes de laquelle les intertitres sont quasi absents...
Henny Porten interprète la jeune femme, dont le ressort dramatique principal reste les yeux, qui vont beaucoup guider la mise en scène: vers le bas, ou vers le haut... Fritz Kortner, très vite inquiétant, est quanà lui le facteur, un personnage diabolique dont on devine bien vite qu'il manipule la jeune femme. Enfin Wilhelm Dieterle incarne l'amant au sort tragique... Toutes les copies disponibles, apparemment, n'ont pas les mêmes fins. Certaines voient la jeune femme simplement licenciée de son emploi, d'autres la montrant se jeter dans le vide...
Le film est clairement expérimental, une façon pour Mayer de pousser l'enveloppe du cinéma Allemand, dans un sens qui va bientôt lui permettre d'écrire le scénario du Dernier des hommes... Mais les décors, dus à Paul Leni, se situent dans la continuité de Caligari, avec cet immeuble branlant fait de torchis qu'on croirait pouvoir toucher.