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15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 16:34

Mission impossible? Le fait est que ce film de Scott, à sa sortie, s'est pris une solide volée de bois vert, tant dans ce pays (celui du tout petit dictateur auto-proclamé qui en est le sujet) que dans les pays anglo-saxons (où il faut bien le dire, on n'a jamais traité Napoléon autrement que comme un salopard, un cinglé de militaire obsédé par sa propre grandeur, au point où le symbole même de la folie établie, dans la comédie, est représenté par le fait qu'une personne qui a perdu la raison se prend pour Napoléon... Ceux qui ont mené la charge, le plus souvent, sont les historiens... 

Une belle coquille, en attendant: Scott a toujours été un cinéaste de la recréation des mondes, des lieux du passé, qui n'a pas son pareil pour capter en quelques images et quelques angles, les lieux les plus significatifs d'une intrigue, et de les peupler d'une faune costumée qui est souvent fourmillante de détails... C'est vrai aussi que sa conception d'un film est toujours personnelle, il d'agit d'entendre par là que Ridley Scott ne cherche en aucun cas à reproduire strictement la vérité. Il lui préfère sa vision, ses impressions et il n'a jamais prétendu faire oeuvre d'historien... D'où des télescopages sévères entre la vérité historique et l'effet rendu. 

Contrairement à Gance d'ailleurs: l'auteur de Napoléon (1927) a toujours (enfin surtout lorsque ça l'arrangeait) annoncé avoir tout sacrifié pour son film à la vérité... ce qui était faux. Quand on y voit Albert Dieudonné, en Bonaparte de 1m70, chevaucher de façon flamboyante pour échapper à ses poursuivants en Corse, on aura du mal à le suivre! Napo était un militaire, ça oui: il était un artilleur. Et non des moindres... C'était aussi un politicien, donc un opportuniste! Mais un héros de swashbuckler? difficile à prendre au sérieux!

Si la coquille est belle, assurément, il convient d'être prudent: ce qu'on aime dans le film de Gance, c'est qu'en dépit de sa durée impressionnante, il a une colonne vertébrale! Ce film, non. Ou alors c'est Joaquin Phoenix, qui a la dure tâche à 49 ans d'incarner l'autocrate Napoléon, entre les âges de 24 et 52 ans... Je ne sais pas exactement ce qu'a été la demande spécifique de Scott, probablement a-t-il indiqué à Phoenix vouloir que l'acteur interprète son rôle en tant qu'ambitieux ombrageux, détaché, obsédé par sa propre grandeur, et un peu len d'esprit. De fait, difficile de croire que le personnage soit bien, justement, Poléon Bonaparte...

Alors clairement, la coquille est vide: le film que Scott voulait tellement faire et depuis si longtemps à l'en croire, est un ratage monumental, dans lequel les scories et autres infidélités à la vérité historique ne sont en aucun cas contre-balancées par le moindre souffle épique. Aussi belles soient-elles, et souvent elles le sont, les images et séquences semblent ne mener nulle part... C'est vrai que Scott a fait des grands efforts avec ses décors, les images des pyramides en témoignent et les séquences qui copient les tableaux de maître sont là pour en témoigner. Mais qu'est ce qu'on s'ennuie... Et comme toujours, la révolution Française, une période complexe s'il en est, est purement et simplement réduite à la terreur. Et on assiste à des batailles, des escarmouches politiques, sans jamais le moindre éclaircissement quant au contexte. Privé de ce contexte, Napoléon est juste un français (Corse, bien entendu) cinglé, qui a pris le pouvoir, et envoie des militaires dans toute l'Europe sans rime ni raison. 

Raté. dans les grandes largeurs...

 

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott