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6 mai 2026 3 06 /05 /mai /2026 13:32

Années 50: à Hiroshima, un professeur (Eiji Okada) dialogue avec ses élèves adolescents. Un tiers d'entre eux souffrent de séquelles de la bombe. L'une d'entre eux, à l'hôpital, est entre la vie et la mort... Elle se rappelle des moments qui ont précédé et immédiatement suivi le cataclysme...

A l'origine de ce film peu banal, une demande bien précise, adressée à Kaneto Shindo: un syndicat d'enseignants avait demandé au cinéaste de réaliser un film basé sur les témoignages des habitants survivants de la ville martyre; mais le résultat, Les enfants d'Hiroshima (1952) ne leur a pas paru être réussi, et surtout n'était pas, de leur poin de vue, assez politique... Ils ont donc tout bonnement demandé à un autre cinéaste. 

C'est un film inclassable, tourné pour une large part sur place, et possédant même par moment le parfum et l'urgence d'un documentaire. Les acteurs ont été dirigés vers un jeu qui passe de la sobriété (les moments "naturalistes" qui précèdent la catastrophe), à un jeu expressionniste souvent volontairement excessif: en particulier, durant cinquante minutes, le film se concetre sur les errances des suvivants, hagards, en haillons, des centaines de figurants couverts de boue, de poussière, qui n'en finissent pas de ressembler à des morts vivants...

En particulier, on suit des personnages, probablement inspirés par des témoignages: une jeune institutrice (Yumeji Tsukioka), prise au piège de la bombe alors qu'elle était en sortie avec des élèves, un soldat qui court partout où il peut à la recherche de son fils, qu'il ne trouvera que trop tard... Des enfants, des pères et des mères, et partout, le constat que la mort n'a pas fini son travail. 

L'horreur de la bombe est bien sûr le sujet de cette première partie, mais la deuxième, située dans le Japon de 1953, se concentre autant sur les initiatives presque absurdes des enfants miséreux, qui tentent d'exploiter leur malheur (ils vendent des débris de façon agressive à des passants), que sur la naissance d'un fort sentiment pacifiste, incarné en particulier par un jeune homme, un déliquant qui se bat pour que les usines d'armement (probablement sous contrôle Américain) cessent de fonctionner au Japon. Un contexte politique, parfois didactique, qui tend à alourdir le film...

Un film, vous l'aurez compris, qui n'est pas des plus faciles à regarder.

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Published by François Massarelli